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Macky Sall et Shinzo Abe, premier ministre japonais.

Le Président Macky Sall participera à la 7e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad 7) à Yokohama, du 28 au 30 août 2019. La participation du Sénégal s’inscrit dans une longue tradition de coopération avec le Japon qui porte sur plusieurs secteurs de développement.

Après le Sommet du G7 tenu à Biarritz, en France, du 24 au 26 août, le Président Macky Sall s’est rendu au Japon où il prendra part à la 7e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique à Yokohama, du 28 au 30 août 2019. A propos de la participation du Sénégal à cette rencontre initiée par le Japon, conjointement avec les Nations unies, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), la Commission de l’Union africaine et la Banque mondiale, les services de la présidence de la République expliquent qu’elle «s’inscrit dans une longue tradition de coopération avec le Japon qui porte sur plusieurs secteurs de développement». Le Bureau d’information gouvernemental (Big) précise que le Japon est un partenaire privilégié du Sénégal. La coopération entre les deux pays porte sur plusieurs secteurs, notamment la transformation structurelle de l’économie et la croissance, le capital humain et la protection sociale. Parmi les domaines prioritaires contenus dans le Plan d’opération du Japon au Sénégal pour la période 2015-2019 figurent le Programme de renforcement du fonctionnement urbain de Dakar et le Programme d’appui à l’amélioration de l’économie rurale. S’y ajoutent le Programme de promotion de la pêche durable, le Programme d’appui à la couverture santé universelle et le Programme pour l’amélioration de l’éducation.
Le Programme de renforcement du fonctionnement urbain de Dakar, détaille le Big, «porte sur l’aménagement d’infrastructures économiques et sociales pour le développement de la métropole de Dakar et l’intégration régionale à travers des projets d’investissement, des prêts concessionnels et des subventions. Ainsi, appuie-t-il, la croissance économique durable avec un impact au niveau régional porte sur le projet de réhabilitation du môle 3 du Port de Dakar. Avec l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), une subvention non remboursable à hauteur de 3 millions 971 mille yens, soit environ 21 milliards de francs Cfa, a été accordée au Sénégal pour le projet de réhabilitation du môle. A terme, l’ouvrage pourra accueillir des navires de 35 mille tonnes, 190 m de long, 29,5 m de large et 12 m de tirant d’eau. Les travaux répartis en deux phases portent notamment sur la construction d’un quai en palplanches (steel pipe pile) long de 350m, la réhabilitation des terre-pleins et des voies de circulation». Ce programme concerne «l’étude préparatoire pour le Projet d’urgence de renforcement et de réhabilitation du réseau de transport d’énergie de la région de Dakar, mais également le Projet de construction de l’usine de dessalement de l’eau de mer aux Mamelles».

Un partenariat
multisectoriel
Quid du Programme d’appui à l’amélioration de l’économie rurale ? Il accorde, selon le Big, «la priorité à la culture du riz et vise l’amélioration de la productivité, de la distribution, de la gestion des fermes, entre autres. Le programme intègre les objectifs de la Stratégie nationale de développement de la riziculture (Sndr), adoptée dans le cadre de la Coalition africaine pour le développement de la riziculture (Card)». Ce programme vise aussi à «stimuler le développement global de l’économie rurale et la résilience contre le risque du changement climatique par l’assurance de durabilité des bases de production, l’augmentation des revenus des ruraux, la diversification des sources de revenus, la création d’activités économiques et la maîtrise de la dégradation de l’environnement, du point de vue du développement communautaire intégré». Les projets phare de ce programme sont, entre autres, «le Projet d’amélioration de la productivité du riz dans les aménagements hydro agricoles dans la Vallée du fleuve Sénégal (Papriz2), le Projet d’appui à la production durable du riz pluvial, le Projet de renforcement des capacités pour le contrôle de la dégradation des terres et la promotion de leur valorisation dans les zones de sols dégradés (Codeval)».
S’agissant du Programme de promotion de la pêche durable, il veut développer «la chaîne de valeurs à travers le renforcement des capacités des acteurs et des agents techniques en matière de gestion des ressources halieutiques». Il concerne différents projets, notamment «le Projet d’étude de la promotion de la cogestion des pêcheries par le développement de la chaîne de valeur (Procoval)». Y compris «l’étude préparatoire du Projet d’aménagement et d’équipement de quai de pêche agréé pour la valorisation des produits issus des initiatives de gestion durable des ressources halieutiques dans le département de Mbour, l’usine de fabrication de pirogues en fibre de verre (Bop business promotion), le Projet de renforcement de capacités pour la cogestion des pêcheries dans les pays d’Afrique de l’ouest (Copao), le Programme des volontaires dans le domaine de la pêche».
La Ticad, rappelle-t-on, «réunit depuis 1993 des chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que des représentants d’organisations internationales et régionales, du secteur privé, d’Ong et de la Société civile. Jusqu’à la Ticad V, la conférence se tenait tous les cinq ans au Japon. C’est à partir de 2016 qu’il a été décidé de la tenir alternativement, tous les trois ans, en Afrique et au Japon. Lors de la sixième édition de la Ticad 6, Macky Sall a accentué son discours sur la problématique de l’énergie au niveau du continent africain».
Le chef de l’Etat, mentionne le document, «a attiré l’attention sur le Rapport 2015 de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, qui estime qu’au moins 300 gigawatts d’énergie renouvelable doivent être générés pour couvrir les besoins en électricité de l’Afrique d’ici 2030. Le Président Macky Sall a également proposé que le Fonds à l’appui de l’électrification de l’Afrique puisse bénéficier d’au moins un milliard de dollars (550 milliards de francs Cfa) sur les 10 milliards annoncés par le Japon pour soutenir le continent».

Booster la coopération nippo-africaine
La 7e édition du Ticad qui débute aujourd’hui se focalisera essentiellement sur trois thématiques majeures, notamment la transformation économique et la diversification, la résilience et la sécurité humaine, ainsi que la paix, la sécurité et la stabilité. Outre le Président sénégalais, d’autres chefs d’Etat africains se réuniront pendant ces trois jours pour discuter du développement et partenariat économique.
La Ticad 2019 intervient dans un contexte marqué par la forte présence du géant chinois sur le continent africain. Le Japon, à l’instar des Etats-Unis ou de la Russie, écrit l’Agence Ecofin, «veut redynamiser ses relations avec les pays africains afin de rattraper son retard par rapport à Pékin. Depuis le lancement de la première Ticad en 1993, le Japon a déjà accordé plus de 47 milliards de dollars d’aide publique au développement aux pays africains, loin des 60 milliards de dollars annuels promis par la Chine au continent. Au cours de la dernière décennie, les exportations japonaises vers l’Afrique ont baissé de près de la moitié, à environ 7 milliards de dollars, alors que le stock de ses Ide sur le continent ne représente actuellement que 20% de ceux de la Chine. La nouvelle conférence devrait s’ouvrir sous le thème ‘’Faire avancer le développement en Afrique par les personnes, les technologies et l’innovation’’. Un nouvel objectif que Tokyo espère faire avancer en s’appuyant plus sur l’assistance technique que sur l’aide au développement».

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