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«Benjamin», le dernier ouvrage de Samba Oumar Fall, est déjà dans les rayons de la librairie L’Har­mattan. Son auteur, journaliste au quotidien national «Le Soleil», y parle de trafic de drogue, de corruption, d’émigration clandestine, entre autres thèmes. En 2013 déjà, il avait présenté deux livres : «Un amour au fond de l’océan» et «La misère des temps».

Benjamin est un miraculé et mystérieux garçon. La trentaine révolue, il a vécu une vie parsemée d’embûches. Né dans un patelin au nord du pays, le campagnard a vu sa vie basculer une fois à la capitale. Le réseau qu’il a en effet intégré se nourrit du trafic de drogue, de la consommation de bière et de sexe. Il s’agit d’un roman. Donc naturellement c’est une œuvre fictive certes, mais tirée des réalités bien sénégalaises. L’auteur a usé de sa plume pour relater le train-train d’une jeunesse désœuvrée. En effet, l’histoire du personnage principal n’est que le reflet de l’image de ces nombreux jeunes sans emploi et qui ont pour credo la réussite par tous les moyens. Dans cette œuvre de 245 pages divisée en 18 chapitres, l’auteur évoque entre autres thèmes le trafic de drogue, la prostitution, la corruption, l’émigration clandestine, sans oublier le blanchiment d’argent. Le style utilisé est accessible à tous avec des descriptions identiques à un papier de reportage où même les petites scènes sont relatées avec finesse. «Dès qu’il franchi le seuil, Benjamin demeura baba. La chambre, éclairée par une veilleuse verte, était dans un tel désordre qu’il était impossible de faire un pas sans buter sur des bouteilles et canettes de bière vides, des cartons, des mégots, des préservatifs et du n’importe quoi. Un véritable capharnaüm (….) Au rythme d’une musique rébarbative et impopulaire, ils fumaient du chanvre indien à leur aise, se camaient et se shootaient volontiers. Ils étaient tout proches du nirvana», écrit-il à la page 43 du chapitre 3. Ce passage est le dessin de l’environnement naturel des bandits de grand chemin.
Samba Oumar Fall est journaliste au quotidien national Le Soleil où il est grand-reporter. Fils d’un ancien sapeur-pompier, SOF est né à Pikine, dans la banlieue dakaroise. Avec les affectations de son papa, il a bourlingué un peu partout au Sénégal. Avant d’embrasser une carrière de journaliste, il fut d’abord instituteur. Sa passion pour l’écriture a été très tôt découverte en lui. Avec ce livre, son champ vient de s’élargir. En 2013, il avait déjà écrit deux livres, à savoir Un amour au fond de l’océan et La misère des temps. Avec méthode, il allie vie de famille, boulot et passion pour l’écriture. Entre deux reportages, dit-il, il peut glisser quelques mots. Il lui arrivait également de prendre sa plume en pleine nuit lorsque son inspiration respirait la forme. Une façon pour lui de mieux mûrir ses écrits avec le temps. Et dans Benjamin, le journaliste n’a pas manqué de souligner les maux qui gangrènent aujourd’hui la profession. «Y voyant une porte pour échapper au chômage endémique qui sévissait dans le pays, beaucoup d’ignares et d’incultes s’étaient improvisés journalistes. Mal rémunérés ou parfois pas, nombre de ces reporters des temps modernes n’avaient pas de contrat de travail. Ils ne bénéficiaient d’aucune couverture sociale. Face à cette situation, la corruption avait pris en otage les médias», écrit-il à la page 163. Comme dans un film, le suspens tire et tire encore en longueur. Page après page, l’envie de connaître le sort du personnage principal fait saliver le lecteur. Benjamin est certes le dernier né de la famille, mais cet ouvrage ne sera pas son dernier livre. Samba Oumar Fall indique qu’il dispose de 12 manuscrits qui dorment dans ses tiroirs. D’ailleurs, il annonce que bientôt un roman qui traitera des multiples cas de meurtre des Sénégalais aux Etats-Unis sera dans les rayons des librairies.
msakine@lequotidien.sn

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