PARTAGER

Par une approche scientifique, le psychologue Babacar Diop éclaire dans son livre, «Jinne Maïmouna, crises psychosociales et hystériformes dans l’école sénégalaise», le phénomène des crises hystériques notées périodiquement dans les lycées et collèges et qui serait dû à des esprits.

«En pédagogue, j’aimerais que les élèves entendent et retiennent que le Jinne Maïmouna n’existe pas», décrète l’auteur de l’ouvrage Jinne Maïmouna, crises psychosociales et hystériformes dans l’école sénégalaise. Le psychologue a en effet expliqué le phénomène avec l’œil du scientifique. Il explique ainsi que les crises dont les jeunes filles sont victimes s’expliquent plutôt par «des phobies», mais aussi «des craintes irrationnelles, an­gois­santes des devoirs, de l’échec, des compositions et autres examens». Allant plus au fond des choses, il souligne que ces manifestations d’hystérie collectives qui se déroulent dans les établissements scolaires s’expliquent par «la faim qui déclenche des réactions biochimiques et le contexte de pauvreté noté dans la société». Il souligne en outre que «des représentations traumatisantes, angoissantes et stressantes», culturelles et ou cultuelles observées dans la société sénégalaise sont aussi des facteurs à prendre en compte.
A en croire l’auteur, cette production littéraire est animée par une volonté d’éclairer la lanterne de certains Sénégalais qui pensent qu’un esprit causerait les crises psychosociales hystériformes. Et ces Sénégalais sont par ailleurs victimes de tradi-praticiens qui font de ce phénomène un fonds de commerce. «Dans la société sénégalaise, quand des phénomènes paraissent à premier vue incompréhensible, l’être sénégalais a tendance à se référer aux jinns (esprits), un héritage de l’islam», regrette M. Diop. Ce dernier suggère d’aller au-delà des idées reçues en partant d’une approche scientifique, notamment psychologique et sociologique, afin d’éclairer les causes, conséquences et proposer des techniques de prise en charge de ce phénomène.
Le spécialiste révèle toutefois que depuis l’antiquité, ce sont les femmes qui sont touchées par de tels phénomènes. «Les adolescentes sont caractérisées par une fragilité émotionnelle et psychophysiologique», dit-il. Conséquence, quand des événements de cette nature arrivent, «elles en sont les victimes». A terme, ces crises peuvent occasionner «des troubles de mé­moire, de concentration, de l’humeur, la stigmatisation, des blessures psychosomatiques, la peur de la solitude». Pour y faire face, «l’Etat devrait former davantage le corps enseignant et solliciter les compétences qui sont au niveau du ministère de l’Education nationale, à savoir les psychologues-con­seillers», a plaidé Babacar Diop.
Stagiaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here