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Oxfam suscite l’indignation de l’opinion publique avec sa supposée promotion de l’homosexualité au Sénégal. Dans son histoire, l’Ong britannique ne s’est pas toujours signalée dans l’action humanitaire, son credo.

Oxfam renoue avec ses démons. L’affaire Elimane Kane rappelle que l’Ong britannique n’est pas uniquement dans la voie de l’aide humanitaire, sa mission. Dans un Sénégal profondément ancré dans la culture religieuse et confrérique, l’homosexualité est rejetée sans réserve. Et toute personne physique ou morale qui s’aventure à la déviance à l’ordre établi s’expose à la vindicte du corps social. Mais elle s’en défend, Oxfam ne rejette pas totalement l’idée de promouvoir la communauté Lgbt.
L’Ong, présente dans plus de 90 pays, selon son site internet, n’y laisse pas toujours une image reluisante. En février 2018, cette confédération d’une vingtaine d’organisations humanitaires a ému le monde dans le cadre de ses activités en Haïti. Un rapport interne remis au gouvernement haïtien a dévoilé de «nombreux abus de la mission humanitaire déployée en Haïti après le séisme meurtrier de 2010». Pour ne rien arranger, The Times, quotidien de renommée en Grande Bretagne, affirmait à travers une enquête que des agents d’Oxfam se la coulaient avec de «jeunes prostituées en Haïti, en 2011, au cours d’une mission consécutive au séisme survenu un an plus tôt dans le pays».

Afrique, Asie, Amérique
D’après le journal, «les parties fines avaient lieu dans des maisons et des hôtels payés par Oxfam, notamment au sein de la villa du responsable de la mission, l’ancien militaire belge Roland van Hauwermeiren». Ce dernier dont une enquête interne a aussi montré qu’Oxfam avait auparavant fermé les yeux sur son «comportement envers les femmes» pendant qu’il travaillait au Tchad. Face au tollé mondial et à l’indignation de la communauté internationale, Penny Lawrence, directrice générale adjointe de l’Ong, avait démissionné. Mais ce n’est pas uniquement en Haïti que les pratiques peu orthodoxes d’Oxfam sont recensées. L’Afri­que a également eu son lot. Au Soudan, Oxfam s’est signalée par la «culture d’abus sexuels dans certains bureaux d’Oxfam», a dénoncé il y a quelques mois Helen Evans, directrice de la Prévention interne de l’Ong entre 2012 et 2015.
En Asie, l’Ong britannique est aussi citée dans d’autres affaires. La directrice régionale en Asie, Lan Mercado, a expliqué avoir connaissance de plaintes dans ce pays ainsi qu’au Bangladesh et au Népal sur la période 2009-2013. Même si elle estime que l’ampleur n’était «pas comparable» à ce qui s’est passé à Haïti, ces affaires ont donné à Oxfam l’image d’une Ong controversée. Ces pratiques énoncées ne sont certes pas comparables avec l’affaire Elimane Kane, mais montrent qu’Oxfam est rattrapée par des affaires pas du tout humanitaires.
bgdiop@lequotidien.sn

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