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Cette semaine, le président de la République a fait des constats sur les coûts exorbitants de la facture téléphonique et des véhicules de fonction dans l’Administration. Et aussi sur la nécessité de rendre nos villes propres. Seulement, ces sorties poussent à s’interroger sur la mise en œuvre des mesures annoncées, d’autant plus que le président de la République fait ces constats après avoir fait 7 ans à la tête du pays.

Macky parle comme s’il venait d’arriver au pouvoir. Lors de ses deux dernières sorties, le président de la République a fait des constats qui montrent le fossé qu’il y a entre l’annonce des mesures et leur mise en œuvre. En parlant des coûts exorbitants des charges téléphoniques et des véhicules, le chef de l’Etat montre que «la gestion sobre et vertueuse» prônée en 2012, au début de son premier mandat, n’était donc qu’un slogan. Autrement, comment comprendre que 7 ans après, que lui-même puisse relever que les factures téléphoniques de l’Etat coûtent entre 16 et 17 milliards de F Cfa par an ? Qu’est-ce que les autorités ont fait depuis dans le cadre de leur politique de rationalisation des ressources ? Quid des véhicules de fonction de l’Administration sénégalaise dont leur coût de 2012 à aujourd’hui est estimé à plus de 307 milliards de F Cfa ? Exorbitant ! Seulement, ce constat aurait pu être plus juste s’il venait d’un Président nouvellement élu, qui vient avec une nouvelle équipe. Etonnant donc que le chef de l’Etat, ayant dès l’entame de son mandat en 2012 mis l’accent sur une gestion sobre et vertueuse, constate que 7 ans après, les choses n’ont toujours pas changé. Cela montre à suffisance qu’on est plus dans des discours et slogans que des actions concrètes. Autre exemple qui montre la lenteur dans la mise en œuvre des programmes, c’est le forum de l’Adminis­tration sénégalaise tenu en avril 2016. Lors de cette rencontre, il avait été retenu de «finaliser le processus d’adoption du chemin directeur de modernisation de l’Administration publique en accordant une attention particulière à la mise en œuvre prioritaire de la charte de la déconcentration». Il y avait également la décision d’adopter «avant la fin de cette année (Ndlr : 2016) le code de déontologie général des agents publics et d’élaborer un nouveau droit de la fonction publique, d’engager un audit général des procédures, veiller à l’adoption à chaque ministère d’une charte de qualité». Mais il a fallu attendre 3 ans après pour lancer le Programme d’appui à la modernisation de l’administration (Pama).
S’agissant de la deuxième sortie sur l’insalubrité, on est presque dans le même cas de figure. C’est à son investiture le 2 avril dernier pour son deuxième mandat que le chef de l’Etat a commencé à insister sur sa détermination à faire de Dakar une ville propre. A-t-il fallu 7 ans à nos gouvernants pour se rendre compte de l’état d’insalubrité de nos villes au point d’instaurer des «cleaning days» ? Il ne reste qu’à souhaiter que toutes ces mesures soient appliquées en mode «fast track» pour ne pas encore faire dans 5 ans les mêmes constats.

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