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Bien qu’ayant signé la convention de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) de 2001 sur la protection du patrimoine subaquatique, le Sénégal ne l’a toujours pas ratifiée. Hier, au terme de la 5e réunion régionale pour l’Afrique sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a fait savoir que tout sera mis en œuvre pour cette ratification.

La mer reste souvent le dernier réceptacle, le dernier manuscrit intact des pages de l’histoire de l’humanité. Elle est elle-même une mémoire. Et les fonds marins regorgent de tout un patrimoine et de trésors culturels dont la gestion, la mise en valeur, la sauvegarde et la préservation posent malheureusement problème. En effet, le patrimoine culturel marin n’échappe pas aux pillages et aux vols de trafiquants. A en croire le directeur du Département de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines de France (Drassm), Michel L’Hour, «les biens culturels marins constituent d’ailleurs la 3e source de financement de l’argent noir» ; d’où l’importance, à ses yeux, de protéger ce patrimoine enfoui dans l’eau. D’ailleurs, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a mis en place depuis 2001 une convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, mais le Sénégal, qui l’a signée, ne l’a toujours pas ratifiée. Hier, lors de la cérémonie de clôture de la 5e réunion régionale pour l’Afrique sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a donné les gages pour sa ratification. «Parmi les objectifs de cette réunion figure en bonne place la ratification par les Etats présents de la convention de l’Unesco sur le patrimoine subaquatique. Je puis vous assurer que pour le Sénégal, je prends l’engagement avec mon collègue des Affaires étrangères de hâter le pas pour ratifier très rapidement ou au moins présenter à l’Assemblée nationale un projet de loi qui autorise la ratification. Ce sera fait dans les meilleurs délais», a-t-il dit, rappelant par ailleurs «le double intérêt» pour le Sénégal de ratifier ladite convention. «Il s’agit d’une part de disposer d’un nouvel instrument qui vient renforcer le cadre législatif pour protéger cet important patrimoine, et d’autre part de le mettre en valeur dans une perspective scientifique», a-t-il noté. Et pour lui, cela est d’autant plus impératif que ce patrimoine subaquatique présente un enjeu important pour le tourisme, axe majeur de la politique économique du Sénégal.
Au terme de cette 5e réunion régionale pour l’Afrique sur la protection du patrimoine culturel subaquatique qui a réuni à Gorée, pendant 3 jours une dizaine de pays de la façade atlantique, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée Conakry, Bénin, Sénégal entre autres, le ministre de la Culture a fortement recommandé à la direction du Patrimoine d’inscrire le patrimoine subaquatique parmi ses actions prioritaires. «Je suis conscient qu’il faut expliquer davantage, convaincre les autorités, pour qu’on ait une compréhension parfaite. Vous tenez un avocat et défenseur acharné du patrimoine aquatique. Où que je me trouverai, je mettrai mes efforts pour une meilleure valorisation du patrimoine subaquatique», a-t-il promis.
aly@lequotidien.sn

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