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Le patriotisme économique devrait amener l’Etat à consacrer le secteur du bâtiment au privé national, selon l’ancien directeur du Commerce intérieur, Dr El Hadji Alioune Diouf, panéliste à la conférence-débat sur le thème «Vivre ensemble : le Sénégal entre ouverture et protection. Quelle place pour le patriotisme économique? », tenue hier, à la Bibliothèque universitaire de Dakar, dans le cadre de «Gingembre littéraire».

«Le secteur du bâtiment doit être réservé aux entreprises nationales qui ont leur centre de décision au Sénégal.» C’est le plaidoyer du commissaire aux enquêtes économiques, Dr El Hadji Alioune Diouf. L’ancien directeur du Commerce intérieur sous Wade était panéliste hier à la Conférence-débat organisée dans le cadre de «Gingembre littéraire», par la Bibliothèque universitaire de Dakar sur le thème «Vivre ensemble: le Sénégal entre ouverture et protection. Quelle place pour le patriotisme économique? ».
Selon le professeur en économie internationale, tous les pays du monde réservent certains secteurs stratégiques à leurs entreprises nationales, afin de leur permettre d’accumuler suffisamment de capital pour investir dans d’autres secteurs stratégiques pour permettre ainsi au pays d’assurer son avenir collectif. Cette accumulation de capital permettra d’investir davantage dans des secteurs clés qui ne sont pas forcément rentables, mais importants pour la bonne tenue d’une économie. «Il faut qu’on s’arrange pour avoir des secteurs où nous accumulons du capital, afin de pouvoir investir dans ces secteurs qui ne sont pas certes rentables, mais qui sont indispensables pour la bonne tenue de nos activités économiques», a plaidé l’ancien Directeur général du Commerce intérieur. Dr Diouf trouve inadmissible que l’Etat ne mette pas la main sur les secteurs de l’eau, de l’électricité, de l’énergie et celui des télécoms. A l’en croire, ces secteurs-là sont consacrés aux entreprises nationales dans beaucoup de pays à travers le monde. «Les entreprises nationales peuvent être en partenariat avec des entreprises étrangères, mais qui n’auraient que 20 ou 25% de part. Mais le centre des décisions au niveau de ces entreprises doivent revenir aux entreprises nationales.»
D’ailleurs, le professeur en économie internationale s’est réjoui qu’une femme sénégalaise ait dirigé les travaux de Massalikoul Djinane, la plus grande mosquée de la confrérie mouride à Dakar. Selon l’économiste, l’expertise ne manque pas au Sénégal précisément dans ce domaine du bâtiment pris d’assaut par des entreprises turques, chinoises pour réaliser les grands projets de l’Etat. Il en veut pour preuve l’école Polytechnique, la Sicap, la Sn Hlm, la Cse entre autres entreprises dont des trentenaires et qui gagnent des marchés partout en Afrique.
Quid de la dette intérieure de l’Etat envers les entreprises du bâtiment, dans ce contexte de patriotisme économique ? «Tous les Etats du monde s’endettent. Le plus important c’est d’être dans des dispositions de résorber cette endettement et l’Etat fait beaucoup d’efforts pour résorber cette dette intérieure», s’est défendu Mamadou Ndione. Le Directeur général du Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) ajoute : «En termes de commande publique, la plupart des marchés de l’Etat, inscrits dans le budget national, sont gagnés par des entreprises sénégalaises, sans parler des Ppp (Partenariats publics-privés), ou tout ce qui a trait à l’offre spontanée ou encore les projets assez structurants qui sortent un peu de ce cadre.»

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