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L’Agenda 2030 mobilise les efforts pour un développement qui ne laisse personne en rade. Dans le cadre d’un séminaire organisé hier à l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep), le débat a été posé autour des politiques sociales sur le continent.

Dans le cadre de la réalisation de l’Agenda 2030, les pays se sont engagés à prendre en compte toutes les couches de la population et à ne laisser personne en marge. L’aspect social est ainsi fondamental dans cet agenda multiforme. Raison pour laquelle, l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep) a consacré hier un panel à la question des politiques transformatrices pour ne laisser personne pour compte en Afrique. «Ce que nous voulons, c’est qu’il y ait une planification à visage humain, que les indicateurs de développement intègrent des indicateurs de développement humain, qu’on puisse programmer, financer, investir dans des programmes qui bénéficient à tous», a expliqué Mme Karima Bounemra Ben Soltane, directrice de l’Idep.
Le panel a permis ainsi de réfléchir à la question de l’exclusion. «La question est de savoir qui sont les communautés, les populations réellement exclues et œuvrer à leur intégration dans le cadre d’un développement inclusif et participatif. Qu’elles soient intégrées dans l’élaboration des plans, dans leur mise en oeuvre et dans leur évaluation, pour être sur que ce qui est décidé à un niveau central, correspond à leurs attentes», a précisé Mme Ben Soltane. Mais la mise en œuvre de ces politiques demande un travail de ciblage.
Selon M. Mustapha Sadni Jallab, chef de division formation et recherche à l’Idep, c’est là où le bât blesse. «On ne peut pas mettre en place des politiques sans mesure et ciblage», souligne M. Jallab qui a introduit le thème : «Que signifie ne laisser personne pour compte en Afrique ?» Au Sénégal, cette question est prise en compte dans le cadre de la Phase II du Plan Sénégal émergent (Pse).
Selon le coordonnateur de la Direction de la planification et des politiques économiques (Dgppe), M. Mayacine Camara, un plan d’actions est déjà en place, en collaboration avec l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) pour réussir une bonne collecte des informations. «Nous avons pris toutes les dispositions avec l’Ansd pour voir d’ici 2030, quelles sont les données en termes de quantité et de qualité, surtout désagréger pour aller jusqu’au niveau communal, dont nous aurons besoin et quelles sont les opérations de collecte qu’il faudra mener pour avoir toutes ces informations et combien ça va couter. Nous avons un programme d’environ 40 milliards de francs Cfa d’ici 2030 pour collecter l’ensemble des informations et dérouler toutes les opérations statistiques qui nous permettraient d’arriver à une bonne collecte», a expliqué M. Camara.
Aujourd’hui, 75% de la population mondiale n’ont pas accès à une couverture sociale adéquate. Le principe du «Live no one behind», ne laisser personne pour compte, est un des piliers de l’agenda 2030. Selon Mme Mbathio Samb, responsable adjointe de recherche à l’Idep, le continent reste encore très en retard sur plusieurs indicateurs.
Il en est ainsi de la mortalité maternelle où le continent enregistre 547 décès pour 100 000 naissances là où l’Asie du Sud en est à 182 et l’Amérique du Nord à 13. Le séminaire organisé par l’Idep, qui a réunit des responsables de 26 pays, visait à accompagner les pays dans leurs politiques de développement. «Nous le faisons à travers des cours et des rencontres. Depuis maintenant deux ou trois ans, nos pays se sont embarqués dans la réalisation de l’Agenda 2030 qui est l’agenda de développement durable et il nous semble important qu’on comprenne au niveau des pays, quels sont les grands enjeux de cet agenda», a souligné Mme Ben Soltane.
mamewoury@lequotidien.sn

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