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A la permanence du Pds hier après-midi, une bataille rangée d’une dizaine de minutes a opposé des militants libéraux à des partisans de Bara Gaye qui ont tenté de saborder la cérémonie du lancement de la vente des cartes. Les hommes du maire de Yeumbeul dénoncent la mise à l’écart de leur mentor en disgrâce auprès de Karim Wade.

Le pugilat épouse les contours d’un scénario d’un film hollywoodien : des dizaines de jeunes sautent les quatre murs de la permanence Oumar Lamine Badji. Dans la cour, des centaines de militants écoutent religieusement Assane Ba qui décline le programme du lancement des opérations de vente des cartes au parti démocratique sénégalais. A peine qu’il a fini, un gros bras lui arrache le micro et assène à Doudou Wade, Woré Sarr, Toussaint Manga, Saliou Dieng, Cheikh Bara Dolly Mbacké, Mayoro Faye. «C’est quoi ce présidium ? Où est Bara Gaye ? Il a sa place ici. S’il ne vient pas, il n’y aura pas de cérémonie», apostrophe le quidam à la musculature de lutteur. L’assaut est donné. A un moment, les pierres décorent la vue dans l’air comme une nuée de criquets. Il y a aussi eu des bâtons, des coups de poing… Dans cette ambiance d’absence de sécurité, les membres du présidium rentrent illico dans les bureaux de la permanence. Amenée par le Mouvement des étudiants et élèves libéraux, la riposte s’organise. S’en suivent des échanges de coups entre loyalistes et partisans de Bara Gaye qui polluent l’air avec des pompes à gaz. La toux ne faiblit pas. Certains suffoquent, d’autres prennent la fuite. La débandade est le mouvement le mieux partagé dans la foule. Les hommes de Bara Gaye dictent leur loi dans la cour de la permanence des Libéraux pendant une dizaine de minutes. Tout militant loyaliste identifié est battu, humilié, insulté et Bara Gaye, lui, absent, est idolâtré. Les chaises volent dans l’air. D’autres sont cassées. Les journalistes sont priés de plier bagages. L’atmosphère dévient électrique. Les nerfs lâchent.

Lamine Ba : «Un acte de sabotage organisé»
Plus nombreux, les fidèles de Karim Wade vont finir par faire reculer les partisans du maire de Yeumbeul Sud qui battent en retraite. «La cérémonie aura lieu», a tenu à préciser au micro, Frank Daddy Diatta, Secrétaire général du Meel à l’endroit du public dont la plupart des membres ont quitté les lieux devenus en moins d’un quart d’heure un endroit d’insécurité. «Des gens organisés sont venus créer le désordre avec des pompes à gaz et une brutalité sans nom. Le parti va essayer de faire la lumière sur cette affaire. Vous êtes témoins et vous convenez avec moi que ce qui s’est passé est incompréhensible dans un parti organisé. Cela ressemble à un acte de sabotage organisé», a réagi Lamine Ba, président de la Fédération nationale des cadres libéraux, sous le choc.

Doudou Wade : «C’est un épiphénomène, le Pds est un éléphant»
Dépité, le président du groupe parlementaire Liberté et démocratie va se frayer un chemin avec l’aide de son protocole de sécurité pour quitter les lieux en catimini. Accroché, il n’a pas voulu faire de déclaration. Tout le contraire de Doudou Wade, Secrétaire général chargé de Conflits qui a qualifié d’«épiphénomène» le sabotage dans l’organisation de la cérémonie. «Le Président Abdoulaye Wade dans les moments les plus difficiles, nous disait : «Dès que vous commencez une manifestation, quelles qu’en soient les conditions, il faut la terminer.» La leçon a été apprise, sue et récitée. Le Pds est un éléphant. Une fourmi est passée sur lui mais l’éléphant ne l’a pas sentie. C’est comme ça qu’il faut qualifier ce qui s’est passé tout à l’heure», a dit M. Wade qui a présidé finalement la manifestation jusqu’à son terme.

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