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L’exploitation et la production du pétrole et du gaz auront-elles des conséquences sur la pêche ? C’est la question que se posent certains acteurs de la filière. Une inquiétude qu’ils partagent avec le directeur du Centre de recherche océanographique de Dakar-Thiaroye (Crodt). Massal Fall, lors d’un séminaire organisé ce week-end à Saly, a attiré l’attention sur la nécessité d’expliquer les méthodes utilisées pour l’exploitation de ces ressources afin de prendre des mesures pour préserver le secteur de la pêche.

Les conséquences que l’exploitation et la production auront sur la pêche inquiètent les acteurs et aussi les experts de ce secteur. Lors d’un séminaire ce week-end lors à Saly portant sur la surpêche, la lutte contre la pêche Inn et leur impact sur les communautés côtières, la question de la compatibilité ou non entre la production et l’exploitation future du gaz et du pétrole avec la pêche a été soulevée. Faisant une présentation sur l’état des pêcheries, son impact sur les populations et les prévisions pour le futur, Massal Fall a fait part de ses inquiétudes sur la question. Le directeur du Centre de recherche océanographique de Dakar-Thiaroye (Crodt) a fait savoir qu’il y aura un impact sur l’environnement. Sans trop s’avancer, il a soutenu que dans le cadre de l’exploitation de ces ressources gazières et pétrolières, «il faudra dans tous les cas des restrictions». De même, il a souligné que pour préserver le secteur de la pêche, il faudra comprendre les méthodes qui seront utilisées pour l’exploitation du gaz et du pétrole. «Il faut que les gens décrivent leur processus d’exploitation, quel appareillage, les retombées. C’est ce qui va permettre de savoir si on pollue ou pas. Si on comprend le processus, les inquiétudes on les apaise», a-t-il alerté. Insistant sur cet aspect, M. Fall a estimé qu’il faut édifier sur comment vont se dérouler la production et l’exploitation de ces ressources.
Répondant à une question sur les menaces qui pèsent sur la filière pêche avec l’exploitation de ces ressources non renouvelables, Massal Fall a fait part de la nécessité de prendre des mesures allant dans le sens de préserver les ressources halieutiques. Le directeur du Crodt a dans sa présentation, fait une comparaison entre ce que l’on peut gagner avec ces ressources non renouvelables et ce que rapporte la pêche. Il a été démontré que la pêche est de loin plus importante du point de vue économique, avec au moins 600 000 personnes évoluant dans des activités liées à la pêche. Il a montré que l’exploitation du pétrole et du gaz ne peuvent pas garantir des emplois comme la filière pêche. Le vétérinaire biologiste a ainsi fait savoir que la pêche, au vu des ressources qu’elle génère et sa participation au pib du pays, a des atouts qu’il ne faudrait pas négliger.
Au-delà des perspectives de la pêche par rapport à l’exploitation du gaz et du pétrole et du changement climatique, il a été aussi question de la surexploitation sévère de certaines espèces comme le Thiof (mérou) dont la durée de vie est longue, la pollution multiforme (baie de Hann et sur toutes les plages), la pêche juvénile, la persistance de la pêche cravatière, l’absence de promotion des techniques de pêche écologiquement correctes, le développement de certaines usines de farine de poisson, la persistance de la pêche Inn entre autres, qui sont de menaces réelles sur ce secteur. Pour protéger les ressources halieutiques du pays et en faire profiter durablement les populations, le directeur du Crodt a recommandé de lutter contre l’impact négatif du changement climatique en milieu de pêche, d’augmenter la résilience, de minorer les facteurs aggravant la surexploitation, entre autres.
dkane@lequotidien.sn

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