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Au terme d’une tournée maritime de plusieurs mois, Green­peace a arrêté 11 ba­teaux industriels s’activant dans la pêche illicite. Les 13 infractions ont été commises par des bateaux de pêche «battant pavillon chinois, italien, coréen, comorien et sénégalais».

11 bateaux pratiquant illégalement la pêche ont été saisis en 3 semaines de surveillance con­jointe menée par Greenpeace avec les autorités locales dans les eaux ouest-africaines. Un communiqué de l’Ong de défense de l’environnement, rendu public hier, informe qu’au total 13 infractions à la réglementation sur la pêche ont été constatées durant les deux mois de l’expédition maritime dénommée «Es­poir en Afrique de l’Ouest» qui s’est déroulée dans 6 pays. «Les résultats de cette tournée qui s’achève ce week-end à Dakar ont été consignés dans un rapport préliminaire rendu public aujourd’hui (hier). Ces conclusions sont symptomatiques du besoin pressant des pêches ouest-africaines de disposer de réglementations efficaces au niveau régional», souligne la note.
En définitive, Greenpeace et des inspecteurs de la Guinée, de la Guinée Bissau, de la Sierra Leone et du Sénégal ont inspecté 37 bateaux de pêche industrielle dans la région. Ainsi, les 13 infractions comprenaient le prélèvement d’ailerons de requins, la taille de mailles de filets incorrecte, le transbordement en mer, l’absence de documents et la pratique de la pêche en dehors de la zone autorisée. Ces infractions, souligne-t-on, «ont été commises par des bateaux de pêche battant pavillon chinois, italien, coréen, comorien et sénégalais». Lors du dernier cycle de surveillance conjointe au Sénégal, du 25 au 29 avril, Greenpeace et les inspecteurs de la Direction de la protection et de la surveillance des pêches (Dpsp) «ont relevé un cas de pêche illégale avéré, le Marcantonio Bragadin, propriété d’une joint-venture sénégalo-italienne, pour obstruction des mailles des filets et des indices de dispositif d’obstruction des mailles par le Kanbal III, appartenant à une coentreprise sénégalo-espagnole. Le Mar­can­­tonio Bragadin aurait versé la somme de 30 millions de francs Cfa (45 mille 700 €) le lendemain de l’infraction pour pouvoir continuer à pêcher. Le Kanbal III, quant à lui, fera l’objet d’une enquête complémentaire de la part de la Dpsp».

Recommandations
Au Cap-Vert, en Mauritanie, en Guinée Bissau, en Guinée, au Sierra Leone et au Sénégal, Greenpeace recommande la création d’un organe régional efficace de gestion des pêches et que les politiques nationales de pêche soient harmonisées. «La transparence doit être adoptée par tous les pays, y compris dans les accords bilatéraux de pêche, le partage des ressources pour optimiser les systèmes de surveillance des bateaux et la création d’une liste rouge des navires Inn et des capitaines non coopératifs dans la région. Il est urgent de créer un comité de suivi de l’évaluation des stocks et des prises afin d’aligner les capacités de pêche sur les ressources disponibles», propose Greenpeace. En outre, conclut l’Ong, «les voix des communautés locales de pêcheurs, les plus durement frappées par la pêche industrielle dans la région, doivent être au cœur de la planification et de l’application d’un système de gestion des pêches. Avec l’épuisement des stocks de poisson en Afrique de l’Ouest, la nécessité d’un tel système se fait urgemment sentir».
bgdiop@lequotidien.sn

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