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Réunies au West african research center (Warc), des leaders du Mouvement féminin au Sénégal ont mené un atelier de réflexion sur le leadership des femmes dans ce pays. Il ressort que ce mouvement doit sortir de son ghetto et s’emparer des enjeux sociétaux actuels.

Au nom de Aminata Diaw Cissé, décédée le 14 avril dernier, le West african research center (Warc) a accueilli hier un atelier de réflexion sur le leadership féminin au Sénégal. La philosophe, passionaria de la cause féminine, méritait à la suite de sa disparition qu’on s’attache à l’histoire, mais aussi l’actualité et les perspectives du mouvement féminin au pays de Aline Sitoé Diatta. Pour Penda Mbow, la figure de cette philosophe est un miroir : «A travers le parcours de Aminata Diaw Cissé, nous tenons à faire reconnaître le travail que font les femmes intellectuelles dans ce pays. Nous avons l’impression dans notre pays que les femmes ont beaucoup évolué et qu’elles sont à tous les niveaux, mais ce leadership est une illusion dans la mesure où il ne prend pas en charge toutes les luttes et les légitimités historiques et culturelles des femmes de ce pays.» Dans un contexte de crise de la démocratie, la présidente du Mouvement citoyen souhaite que le leadership féminin ne soit plus «un leadership-alibi, surtout face à des enjeux comme les changements climatiques, la sécurité et les ressources naturelles». Pour l’historienne, «les femmes, au Sénégal, ont été par le passé à la pointe du débat citoyen et il est temps de renouer avec cette tradition». Héritières des mbotaay, «les femmes sénégalaises doi­vent  être consultées à la base» à l’instar de la pratique du Prési­dent Senghor qui consultait les organisations féminines avant de nommer une personnalité comme Maïmouna Kane au premier secrétariat d’Etat chargé de la condition féminine. Pour Penda Mbow, «une nomination d’une femme leader ne peut pas se faire parce que tel leader homme en a décidé dans son parti». De plus, elle affirme que «plus on avance dans la conquête des droits, moins les femmes ont une prégnance sur le devenir de ce pays à l’image de l’absence de femmes leaders de parti politique».
bdavid@lequotidien.sn

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