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Dans les rues de la ville sainte, voir des femmes portant des bassines d’eau et trimballant des bouteilles vides, est l’image la plus vue durant ce Magal. Elle symbolise à elle seule le problème de distribution d’eau à Touba.

L’eau a manqué durant ce Magal qui s’est achevé hier. Dans les maisons, dans les véhicules, la disponibilité du liquide précieux a été au centre des débats. «Si c’était une autre ville, les gens allaient sortir et
manifester», confie Maïmouna Niang du quartier Ndamatou. Bassine sur la tête, elle ne décolère pas contre les responsables de l’hydraulique. «Ils devaient nous prévenir mais depuis dimanche, on n’a pas d’eau. On est obligé de faire des kilomètres pour obtenir le liquide précieux. Ce n’est ni juste ni respectueux parce que ce sont des centaines de personnes qui viennent célébrer le Magal. Et le manque d’eau durant cette affluence peut être source de maladies», continue de rouspéter la dame. C’est le même décor sur l’avenue 28 où une cinquantaine de femmes étaient à la quête de l’eau.
Dianatoul Mahwa plus assoiffé que les autres quartiers.
Le Magal, sur le plan logistique, n’a pas été une grande réussite et ce, malgré le nombre incommensurable de réunions préparatoires. L’eau fait défaut dans la ville sainte. C’est le quartier de Dianatoul Mahwa qui a été le plus impacté. «Depuis lundi nous n’avons pas eu d’eau», explique Matar Diop, le président de la commission de l’Hydraulique des thiantacounes. Qui reconnait que c’est la première fois que cela arrive. «Il y a tou­jours ce problème mais c’est la première fois qu’on reste autant de temps sans eau», précise-t-il. A cet effet, se laver, faire le linge, bref les besoins secondaires ont cédé la place aux primaires. Dans les toilettes de certaines maisons visitées, les bouteilles d’eau minérale gisent au sol. Elles sont utilisées pour les besoins pressants. Il faut débourser 400 Cfa pour se payer une bouteille, autant dire que se soulager dans ces conditions coûte un bras ! A défaut d’avoir de quoi se payer de l’eau minérale, les femmes de Dianatou Mahwa se tournent vers les puits. Seulement la couleur rougeâtre de l’eau qu’elles trouvent au point d’eau situé à la place publique ne garantie pas une potabilité. «Mais que faire ?», se demande Oulimata Diouf, la trentaine, trouvée avec deux bassines vides cherchant désespérément à les remplir. Elle «a des visiteurs et il faut qu’ils se douchent». Devant cette situation, le choix est vite fait : «Peu importe la couleur de l’eau, il suffit juste de le mélanger avec de l’eau de javel pour se laver avec.» Selon Matar Diop, c’est la réserve vide de Tanzil qui est à l’origine du problème. «Elle n’est remplie qu’une fois chaque Magal. En plus, elle a une pression faible, ce qui cause d’énormes difficultés sur la distribution. L’Office des forages ruraux (Ofor) nous a envoyé 3 camions citernes mais cela ne suffit pas. Parce qu’on a installé 83 cuisines dans tout Touba et quelqu’un comme Cheikh Béthio mobilise du monde et ça n’est pas pris en compte. Il y a des non-dits. On sait qu’il y a des problèmes. Ou se trouvent-ils ? Seul l’Ofor peut apporter des réponses», dit Matar Diop, excédé par cette situation.

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