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La plateforme Pencum askan wi annonce une plainte contre la Sde et la Sones suite à la pénurie d’eau qui frappe plusieurs quartiers à Dakar.

Son regard perdu exprime l’inquiétude. Anta Dème, moulée dans un pagne wax jaune-noir, a quitté l’Unité 18 des Parcelles Pssainies pour se joindre au mouvement de protestation organisé hier par la plateforme Pencum askan wi. Devant les locaux du Groupe Walfadjiri à Khar Yalla, la sexagénaire exhibe ses deux bouteilles de 10 litres et sa bassine vides. Comme elle, des dizaines de Sénégalais originaires de Grand Yoff, de Guédiawaye, des Parcelles Assainies, de Nord Foire, de Ouest Foire, entre autres localités, sont venus s’indigner de la pénurie d’eau qui frappe le pays depuis quelques mois.
La détermination en bandoulière devant l’impressionnante banderole sur laquelle est gravée «Eau secours!», le coordonnateur de la plateforme Pencum askan wi exige l’audit des structures chargées de la distribution de l’eau à savoir le Sde et la Sones. «Lorsque le porte-parole du gouvernement nous dit que la problématique de l’eau est due à une explosion démographique, il nous renseigne qu’il n’y a pas de planification dans les politiques publiques. Est-ce que dans les contrats d’affermage qui lient la Sde à l’Etat du Sénégal, les cahiers des charges ont été respectés ? Est-ce que le renouvellement de la logistique a été fait ? Est-ce que les montants qui devaient être investis relativement à l’extension du réseau ont été dépensés ?», s’est interrogé Abdourahmane Sow, également président de la Cellule d’orientations et stratégies du Mouvement 23 juin (Cos/M23).

«Macky dégage !»
Ce rassemblement a pu mobiliser politiques, Société civile et activistes. Babacar Diop de la Fds, Pr Malick Ndiaye, Simon de Y’ en a marre, entre autres personnalités, sont venus marquer de leur présence la dimension de la manifestation. Galvanisés par le tube qui passe en ritournelle, «Macky dégage !», ils font le procès du régime. Car d’après eux, l’accès à l’eau est un droit constitutionnel. Mais pas que ; car le Sénégal a soif de tout ou presque, selon Cheikh Guèye, maire de Dieuppeul-Derklé, qui conduisait les partisans de Khalifa Sall. Il crie son ras-le-bol : «Nous avons soif d’eau, d’une justice qui rend la justice au nom du Peuple, d’autorités qui disent la vérité et qui respectent le Peuple. Nous avons soif d’une école et d’universités sans grève, d’un Sénégal meilleur…. L’eau représente le poids des 2/3 de l’être vivant.» Si tous ces travers existent au Sénégal, «c’est parce que le Président Macky Sall et sa gangrène Benno bokk yaakaar ont failli à leur mission», a analysé Assane Ba qui représentait le Parti démocratique sénégalais.
Inquiétude, c’est aussi le sentiment de la coalition «Publiez ce que vous payez !» qui ne peut pas comprendre qu’«il n’y ait pas d’eau pendant plus de 3 mois alors que les factures reviennent au double». Coordonnateur régional en Afrique de l’Ouest de cette plateforme, Demba Seydi évoque même «un problème de souveraineté qu’une compagnie étrangère (Sde) puisse gérer l’eau et qu’on soit dans une situation de privation de ce liquide précieux et que les factures soient doublées». Pour tous ces griefs liés à la gestion de l’eau, Abdourahmane Sow annonce une plainte contre la Sde et la Sones.
bgdiop@lequotidien.sn

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