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Le master en gestion des industries culturelles lancé l’année passée à l’Université Gaston Berger cherche à se pérenniser. Si pour le moment, le parrainage est avancé comme solution, Dr Saliou Ndour, le coordonnateur de ce programme estime que cette solution n’est pas durable et demande aux institutions privées comme publiques de leur venir en aide.

Le manque de professionnalisme des acteurs culturels dans divers secteurs est un problème de notoriété publique. Pour y remédier il a été lancé l’année dernière à l’Université Gaston Berger de Saint Louis, en partenariat avec l’Université international Senghor de Alexandrie, un master en gestion des industries culturelles. Mais ce master rencontre de sérieux problèmes pour sa pérennisation. En effet, hormis le cout de la formation assuré pour le moment par l’Université Senghor (Ndlr : Une subvention qui ne durera pas dans le temps), les étudiants ont du mal à trouver des stages pour appliquer les théories qui leur sont enseignées. Et, pour rechercher des solutions à ces problèmes, une rencontre organisée hier à Dakar a permis de dégager le parrainage comme une piste de solutions. Toutefois, pour le coordonnateur  du master «il est bien de parrainer des étudiants en octroyant des bourses mais il est encore mieux d’aller au-delà.».

Dr Saliou Ndour a expliqué que ce système n’est pas durable et que si le Sénégal veut professionnaliser ce secteur, il faut s’inscrire dans la durée. «C’est nécessaire d’investir dans des projets durables. Il faut investir dans la durée pour pérenniser le master. On veut que les ambassades, les institutions de la République et les entreprises privées comme publiques soutiennent cette formation en prenant en stage les étudiants mais aussi pour leur propre développement», a-t-il dit. Même son de cloche du côté du directeur des campus et des partenariats de l’université Senghor d’Alexandrie. Jean Dominique Assié informe que «si on ne valorise pas la culture donc l’identité on aura plus de difficultés à entreprendre tous les chantiers nécessaires pour accompagner le développement». «Notre démarche est de proposer des projets de formation par rapports aux besoins. La question n’est pas de savoir quelle est la bourse pour l’étudiant tel mais plutôt ce que notre partenariat apporte au Sénégal. Ce n’est pas le soutien financier de l’université qui compte le plus, mais l’investissement dans des qualifications professionnelles qui vont permettre de se développer», a-t-il ajouté. Ce que confirme Diarra Dossulo, le représentant résidant de l’Uemoa. Pour cet intervenant, «ce n’est pas le tourisme balnéaire mais le tourisme culturel qui attire maintenant les visiteurs. Et, les Etats gagneraient à le comprendre ainsi ».

L’avenir incertain
Pour autant, si les stages,  l’insertion ainsi que le financement posent problème, les étudiants de ce master devront dans un premier temps convaincre leurs camarades de la pertinence de leur choix avant de regarder l’avenir. «On me dit que je perds mon temps en m’inscrivant dans ce master», a mentionné l’étudiante Mariama Haîlée Ibrahima Diop, fustigeant ainsi les quolibets ou railleries auxquels elle fait face au quotidien.
mgaye@lequotidien.sn

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