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En prélude à l’adoption des projets de lois portant Code pétrolier, contenu local et partage des revenus issus du pétrole et du gaz annoncée pour décembre prochain, l’Association des assureurs du Sénégal (Aas) a regroupé hier certains députés afin de les sensibiliser sur le volet assurance dans le secteur pétrolier et gazier, mais aussi sur l’assurance en général.

L’Association des assureurs du Sénégal poursuit son processus de sensibilisation sur la gestion des risques dans le secteur du pétrole et du gaz. Après les sessions tenues à l’intention de ses membres et des décideurs, elle a tenu hier une autre rencontre afin d’imprégner les députés sur la question. Les assureurs veulent en effet faire éviter les erreurs que les autres pays ont eu à commettre et sensibiliser les acteurs des meilleures pratiques pour que le Sénégal puisse tirer profit du contenu local prévu par la réglementation.
Le président de la Fédération des sociétés d’assurance de droit national africaines, Adama Ndiaye, estime ainsi que «les autorités doivent respecter les textes, parce que le contenu local a été déjà codifié par quatorze pays membres de la Cima (Conférence interafricaine des marchés d’assurance : Ndlr) qui ont voté un article, 308, qui est intégré dans le Code et qui oblige à assurer tout ce qui est au Sénégal auprès d’opérateurs agréés, exerçant au Sénégal, et à réassurer au moins 50% auprès d’opérateurs africains».
«La même disposition existe sous quelques nuances dans le Code français, elle existe dans le Code marocain et dans tous les Codes quasiment du monde. Et ça a porté à ces marchés plus de profondeur. En 1983, quand le Maroc prenait cette disposition pour intégrer le contenu local, son chiffre d’affaires était équivalent à celui du Sénégal. Aujourd’hui, son chiffre d’affaires fait quinze fois celui du Sénégal, parce qu’ils ont respecté le principe qui veut que l’assurance se fasse à la maison. Ça a permis aux acteurs locaux de grandir, de devenir des champions régionaux qui viennent aujourd’hui pêcher dans nos eaux.»
Et pour que les autorités puissent respecter les textes, considère le président de la Fanaf, «il faudrait que les parlementaires puissent faire connaître les lois là où il faut, car l’assurance est un milieu qui semble fermé et étriqué, les mines sont un autre monde, tout comme le pétrole. Les opérateurs de ces secteurs seraient très imprégnés si on pouvait traduire tout le contenu local qu’il y a dans les textes régissant les mines, le pétrole, les assurances. C’est à ce titre qu’on pourra réellement avoir des avancées».
Les parlementaires se sont ainsi félicités de la démarche des assureurs qui ont bien voulu les imprégner de la prise en charge des risques pétroliers et gaziers. «Nous devons être imprégnés de ces questions pétrolières et gazières dans le volet assurance, avant que le Code pétrolier ne soit voté par l’Assemblée nationale, pour prendre en charge les préoccupations des assureurs qui sont celles des Sénégalais», déclare Cheikh Seck, président de la Commission développement et agriculture.

Mécanisme mis en place pour absorber les risques
Pour absorber les risques pétroliers, les assureurs ont mis en place un mécanisme consistant, d’après M. Ndiaye, à mutualiser les capacités des réassureurs de la zone Cima avec comme tête de fil l’Africa Re qui est la première société de réassurance africaine. L’assureur explique : «En mettant en synergie les capacités de l’Africa Re, de la Cica Re, de la Sen Re, mais également des trois ou quatre sociétés privées qu’il y a dans la zone, on y conserve une part plus importante. Et pour la part qui excède, nous allons sur les marchés de Londres et autres où se négocient les capacités pour avoir les partenariats qu’il faut et prendre en charge ces risques. C’est ce mécanisme que nous faisons, et c’est comme ça que les risques pétroliers se gèrent quasiment dans tous les pays du monde.»
Le marché sénégalais, aux yeux des acteurs, est dans une bonne perspective de développement mais, souligne Alioune Badara Ndiaye de la direction des Assurances, d’importants défis liés au respect des engagements, au besoin d’innovation, d’adaptation des offres restent à relever.
En ce sens, informe Mamadou Moustapha Noba, président de l’Aas, le marché est engagé dans des chantiers d’amélioration de son image et de sa réputation, entre autres. Cela, dans le cadre de la mise en œuvre d’un Plan stratégique quinquennal (Psq).

dialigue@lequotidien.sn

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