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Après avoir été presque doublé passant de 12% en 2012, à 21,2% en 2015, le taux de prévalence de la contraception stagne à 23% en 2017. Or, le Sénégal s’est fixé un objectif de 45% d’ici à 2020. A 3 ans seulement de l’échéance, notre pays multiplie ses stratégies et malgré les défis, les acteurs restent optimistes.

Le Sénégal va-t-il atteindre l’objectif de 45% du taux de prévalence de la contraception d’ici à 2020. Il ne reste plus que 3 ans à la Direction de la santé de la reproduction et de la survie de l’enfance (Drse), pour réaliser cet ambitieux objectif. Or, actuellement notre pays est à 21,2% de prévalence contraceptive. Dr Marième Dia Ndiaye, chef de Division à la Drse, reste optimiste. Pour elle, le Sénégal peut atteindre cet objectif. Elle en veut pour preuve la première phase 2012-2015 intitulée «Urgence d’agir» où l’objectif était fixé à 27%. «Même si on ne l’a pas atteint en 2015, nous nous sommes rapprochés de l’objectif en ayant 21,2% alors qu’on était à seulement 12% de prévalence», informe-t-elle. A l’image de la première phase, estime-t-elle, notre pays peut atteindre l’objectif des 45% ou au moins se rapprocher de ce chiffre.
Le Sénégal a, en effet, élaboré un plan de communication de 2ème génération. Et toujours dans le but de promouvoir la planification familiale, il a pour la première fois, marqué la célébration de la Journée mondiale de la contraception. Un grand pas franchi, selon Andréa Wojnar Diagne, représentante-résidente de l’Unfpa au Sénégal. La journée a été une occasion pour les acteurs de faire l’évaluation de la Pf. Ainsi en 2016, «166 mille grossesses non désirées ont été évitées. 53 mille avortements évités et 443 décès maternels évités», selon Dr Marième Dia Ndiaye. Une satisfaction dans la lutte contre la morbidité et la mortalité maternelle et infantile. Car, pour elle, la planification s’avère comme le moyen le plus efficace de lutte contre la mortalité maternelle et infantile.
Pour autant, il faut dire que des défis persistent notamment les Besoins non satisfaits (Bns). D’ailleurs, dans le plan 2016-2020, le Sénégal s’est engagé à réduire les Bns de 25,2% à 10%. Il y a aussi la problématique des adolescents et des jeunes. Faire de sorte que l’offre de service soit adaptée aux jeunes et aux adolescents. «Assurer que les femmes et les filles où qu’elles se trouvent à Kédougou, Tamba­counda, Matam ou Sédhiou qu’elles puissent avoir accès à des contraceptifs de leur choix, de qualité et à des prix abordables», indique Mme Diagne. Ce n’est pas tout dans ses activités, la Dsre fera des efforts pour changer la perception de la planification familiale notamment chez les hommes et chez la femme rurale. La réalisation des objectifs va également se heurter aux problèmes des ressources financières. Le Sénégal prévoit 500 millions de francs Cfa pour financer son plan alors que le Comité de pilotage sur l’étude du dividende démographique prévoit un budget d’investissement nécessaire à la planification estimé à 15 milliards de francs Cfa de 2026-2020, d’après la représentante de l’Unfpa, qui donne l’information. Il y a donc urgence pour l’Etat, les partenaires, la Société civile à multiplier les actions afin de combler ce gap énorme.
ndieng@lequotidien.sn

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