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Au Sénégal, depuis que le processus relatif à l’initiative Rse a démarré, seules trois entreprises, notamment Sabodala gold operations (Sgo), filiale de Teranga Gold, la Sonatel et les Grands domaines du Sénégal, publient un rapport Rse, a indiqué Philippe Barry, président du Réseau Rse Sénégal, qui s’est entretenu avec Le Quotidien mardi, en marge de la publication du 6e rapport Rse de Sgo.

En ce qui concerne le concept de Responsabilité sociétale des entreprises (Rse), le processus a été lancé depuis 10 ans au Sénégal. Aujourd’hui, quel est l’état des lieux ?
Il faut déjà comprendre que la Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse) ne se limite pas seulement à la question de l’engagement communautaire. Pour nous, la Rse a 3 composantes. La 1ère c’est que l’entreprise doit avoir un système de pilotage de cette Rse et notamment de le prouver par la publication de ce qu’on appelle un rapport Rse. Le 2e élément important de la Rse c’est ce qu’on appelle le dialogue partie prenante. Il faut que l’entreprise puisse dire et prouver comment elle dialogue avec les partenaires-clés dans le cadre de son business. Et enfin le 3ème élément c’est effectivement l’engagement communautaire. Un engagement communautaire doit être analysé et en général, quand on fait de l’engagement communautaire, c’est par rapport à des impacts négatifs que produit l’entreprise, autrement dit si je reconnais que socialement ou environnementalement j’impacte les populations riveraines, je fais de l’engagement communautaire pour compenser donc, ces impacts-là. Donc aujourd’hui, ce que nous cherchons dans la Rse c’est des entreprises qui, de manière volontaire, rendent compte en toute transparence de ces impacts-là et de ce qu’elles font pour les mitiger. Et il faut reconnaitre que dans le processus qu’on a démarré depuis 10 ans au niveau de cette initiative Rse au Sénégal, nous ne pouvons que compter aujourd’hui, que sur 3 entreprises qui publient un rapport Rse que sont la Sabodala gold operations (Sgo), filiale de Teranga Gold, qui, depuis maintenant 5 ou 6 ans, publient régulièrement ce rapport. Vous avez la Sonatel qui publie un rapport qui est conforme à ce qu’on appelle le référentiel international, Gri, depuis l’année dernière, et puis une entreprise qui est le Grand domaine du Sénégal. Notre ambition et notre plaidoyer c’est justement, d’amener toutes les entreprises, qui impactent fortement l’environnement et les populations, à produire des rapports Rse.

Pourquoi cette faible adhésion des entreprises à la Rse ? Seules 3 entreprises publient un rapport Rse au Sénégal.
Parce que l’Etat ne s’est pas approprié ce concept de la Rse. Ce que nous demandons, c’est que l’Etat puisse mettre en place un système d’incitation ou d’obligation pour amener les entreprises à fort impact environnemental à produire ce rapport. L’exemple canadien est intéressant, puisque c’est un système incitatif qu’ils ont mis en place au niveau du gouvernement où ils aident les entreprises qui produisent ces rapports Rse, les aident à s’implanter dans les pays, notamment à vocation minier. Donc, il y a une incitation positive sur ces entreprises qui sont réellement dans la Rse, la transparence. Vous avez d’un autre coté le système français. Là, c’est une obligation pour ces entreprises qui ont un fort impact environnemental de publier et là, c’est la loi de publier ce rapport Rse. Tant qu’au Sénégal nous ne serons pas dans ce système d’incitation ou d’obligation, nous n’aurons pas suffisamment d’entreprises qui s’engagent dans la Rse.

Vous avez évoqué également dans votre intervention la charte de diversité des entreprises. A quoi cela consiste ?
Nous avons effectivement, au Sénégal, un des rares pays de l’Afrique subsaharienne, deux chartes qui ont été construites. Nous avons la charte Rse développement durable des entreprises du Sénégal depuis 2011. Et l’année dernière, c’est-à-dire en 2016, nous avons la charte de la diversité des entreprises du Sénégal. La charte Rse contient 7 engagements qui sont liés à l’éthique et la bonne gouvernance, à l’environnement, aux achats locaux, à la sécurité, santé au travail, à l’engagement communautaire et au reporting. Malheu­reusement pour cette charte, nous n’avons pas de comité de suivi des engagements. Et depuis l’année dernière, nous avons la charte diversité qui comprend 4 axes qui sont le genre, le handicap, la mobilité internationale et la relation intergénérationnelle dans l’entreprise. Par contre là, nous avons un comité des entreprises qui sont déjà signataires. Nous avons un comité de suivi des engagements qui se réunit tous les 6 mois.

Pourquoi vous n’avez pas un comité de suivi pour ce qui concerne la charte Rse ?
Alors, c’est effectivement un projet que nous devons mettre en place. Bien entendu, il faut trouver des partenaires institutionnels pour mettre en place ce comité. Donc, nous allons nous y atteler. Mais comme j’ai dit, c’est un projet, il faut qu’il y ait des soutiens à la mise en place de ce comité.

Des soutiens venant d’où ?
De l’Etat ou des partenaires au développement. C’est à ce niveau-là qu’on peut trouver ces soutiens.

Quelles sont les perspectives du Réseau Rse Sénégal ?
Alors, on a un axe important qui concerne l’emploi des jeunes et l’entreprenariat. On a mis en place depuis deux ans, un concours de business plan. Il y a 2 ans, ce concours a porté sur le tourisme durable et l’année dernière sur la Casamance, notamment l’innovation verte en Casamance. Nous avons également un axe qui concerne le consommer sénégalais. Ce sont des sujets qui nous intéressent. Nous avons les collectivités locales. Comment elles peuvent déployer des démarches de responsabilité sociétale d’organisation et enfin un axe qui concerne les déchets.

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