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La 12e Biennale de la photographie de Bamako a démarré ce samedi. Au total, quelque 85 artistes du continent africain et de la diaspora présenteront leurs projets artistiques dans une exposition qui sera racontée en quatre vers.

La 12ème édition des Rencontres africaines de la photographie de Bamako, qui marque les 25 ans de la manifestation, est ouverte samedi pour inviter à «réfléchir à la pratique artistique de la photographie en tant que courant de conscience, ainsi qu’à envisager la photographie au-delà du corset du photographe». «L’instant capturé par la photographie émane d’un flot de pensées et d’associations reflétant la voix intérieure du photographe qui est inévitablement et constamment en mouvement», indique la note de présentation consacrée à l’événement, précisant que le thème «Courants de conscience» fait référence au morceau éponyme de 1977 de Max Roach et Abdullah Ibrahim.
La cérémonie d’ouverture officielle était prévue à partir de 10 heures au Musée national du Mali, sous la présidence du chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta, avant les vernissages officiels des expositions au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba à 15h et au Conservatoire des arts et métiers multimédias Balla Fasséké Kouyaté à 18h. A ce second vernissage, il est prévu une symphonie de 525 cordes (avec Toumani Diabaté). Le document de présentation des rencontres relève que «la Biennale emploiera de multiples interprétations sur la manière dont ces flux peuvent être utilisés comme outils photographiques». Il précise que ce sont «des outils qui jettent un pont entre le continent africain et ses différentes diasporas, en plus de transmettre des cultures et des épistémologies». Les sites de cette 12ème édition sont : le Musée national du Mali, le Palais de la culture Amadou Hampâté Ba, le Mémorial Modibo Keïta, le Conservatoire des arts et métiers multimédias Balla Fasséké Kouyaté, la Galerie Médina, le Musée de la Femme Mousso Kounda, l’Institut français du Mali, des rues de Bamako.
L’orientation thématique de Bamako 2019 a été conçue par le directeur artistique Bona­venture Soh Bejeng Ndikung et une équipe de curateurs composée d eAziza Harmel, Astrid Sokona Lepoultier et Kwasi Ohene-Ayeh, avec les conseils artistiques Akinbode Akinbiyi et Seydou Camara ainsi que le scénographe Cheick Diallo. Ils ont travaillé avec le souci de «dépasser le cadre de la photographie en tant qu’expérience visuelle» pour aborder «la textualité, la tangibilité, la performativité et surtout la sonorité de la photographie». Quelque 85 artistes du continent africain et de la diaspora présenteront leurs projets artistiques dans une exposition qui sera racontée en quatre vers tirés d’un poème figurant dans le prélude du Dilemme du fantôme, pièce de théâtre écrite par Ama Ata Aidoo, dont chacun amène le spectateur à «son propre récit de courants de conscience», selon les organisateurs. Il s’agit des vers suivants : «Le bruissement soudain dans le sous-bois» (sur la présence de l’invisible, de la distance et d’autres questions fantomatiques), «Car la bouche ne doit pas tout dire» (sur la politique et la poétique des écosystèmes), «Nous sommes venus de gauche, nous sommes venus de droite» (sur les déplacements, l’errance et les diasporas), «La brindille ne nous percera pas les yeux» (sur la possibilité d’espoir et l’avenir comme promesse).
 Aps

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