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L’Etat du Sénégal, dans le cadre du Programme d’appui à la création d’opportunités d’emplois verts (Pacev), ne veut plus voir de pêcheurs de Gouloumbou perdre la vie du fait d’attaques d’hippopotame. Pour cela, l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana) a implanté des bassins piscicoles dans cette zone, afin de leur permettre de mener tranquillement leurs activités et définitivement quitter le chemin de l’animal «tueur» qui a fini de faire du fleuve sa chasse gardée. 6 bassins piscicoles ont été ainsi aménagés dont le premier, mis en test il y a de cela 6 mois, a commencé à donner des fruits. Plus d’une tonne de poissons y ont été récoltées samedi, devant le coordonnateur du programme, le chef du service des Eaux et forêts de Tamba, du représentant de l’Agen­ce nationale de l’aquaculture (Ana), entre autres responsables.
Le représentant de l’Ana indique qu’il y a juste 6 mois, seuls 2 500 alevins de moins de 10 g chacun y ont été ensemencés. Aujourd’hui, se réjouit-il, le bassin a produit plus de 1 000 kg de poissons. «Plus d’une tonne et quelques centaines de kilogrammes ont été récoltés dans le bassin», martèle le technicien de l’Ana, chargée de l’encadrement et de l’ensemencement des bassins. L’aquaculture, poursuit-il, est une activité inscrite dans le Plan Sénégal émergent (Pse) et qui tient à cœur le Président Sall.
Pratiquée dans toutes les régions du pays, elle reste tout de même très fondamentale à Gouloumbou, affirme Baba Dramé du Pacev, vu la situation que vivent les pêcheurs de la zone avec les attaques répétées des hippopotames. C’est pourquoi la pisciculture peut constituer une véritable alternative pour les pêcheurs de la zone. Aujourd’hui, ils ont la possibilité, avec ces bassins, de trouver du poisson en qualité et en quantité sans pour autant que leur vie ne soit en danger. C’est pourquoi le sous-préfet de l’arrondissement de Missira, dont dépend le village de Gouloumbou, n’a pas manqué d’exhorter l’Ana d’accélérer la cadence pour que les autres bassins soient rentabilisés, afin que les populations et les pêcheurs puissent encore mieux s’épanouir et se délecter des délices qu’offrent ces poissons. Il a conseillé à ce que le programme pense aussi aux autres villages situés le long du fleuve et qui sont menacés par l’hippopotame qui rode partout.
Adama Fall, président de l’Union des pêcheurs de Gou­loumbou, a aussi salué, au nom de ses camarades pêcheurs, l’importance du projet. «Avec le seul bassin récolté aujourd’hui, nous aurons en moyenne plus d’un million», confie-t-il. Mieux, ajoute le pêcheur, «grâce aux aménagements, nous sommes arrivés pour la première fois à rester aux côtés de nos familles en cette période. Jadis, nous nous retrouvions en Guinée Bissau en ces moments à la recherche de poissons. Et si les aménagements continuent, nous n’aurons plus besoin de pêcher dans le fleuve où notre vie est en danger». Il appelle les autorités à les doter de moyens roulants pour que leurs productions puissent être vendues jusqu’à Tamba et partout ailleurs.
L’Ana a prévu d’implanter un centre de production d’alevins à Gouloumbou et qui va approvisionner toute la région en semences.
afall@lequotidien.sn

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