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Par devoir et pour l’attachement profond au football de mon pays, je tiens à apporter ma modeste contribution à la réflexion, suite à notre participation à la Coupe d’Afrique des Nations du Gabon.
Je ne suis pas un entraineur, mais je crois avoir un peu de légitimité pour parler de football, en tant qu’ancien pratiquant qui aura inscrit le premier but de l’Equipe nationale lors de la première édition de la Can en 1965 en Tunisie (Sénégal 5/Ethiopie 2).
Il est évident qu’il faut féliciter Aliou Cissé avec toute son équipe (techniciens et joueurs) pour avoir hissé le Sénégal à un certain niveau qu’il est craint en Afrique.
Il faut donc éviter de perturber, de briser le beau dynamisme de notre équipe nationale, mais il ne doit pas être interdit de proposer, bénéficiant de l’expérience vécue, des pistes de réflexion.
Il me semble que nous devons arrêter de mettre la poussière sous le tapis au risque d’aller droit dans le mur.
Reconnaissons sans passion, malgré notre participation honorable, que la campagne du Gabon a été une désillusion, voire un gâchis.
Par essence, le football est un jeu intelligent, collectif avec des séquences de flux et reflux, dont les fondamentaux veulent qu’une équipe en possession du ballon doit s’évertuer à ne pas le perdre avec facilité, désinvolture ou par manque de concentration. La circulation du ballon doit être fluide, sécurisée à partir de l’entre-jeu (milieu de terrain) avec des éléments métronomes régulateurs dans la récupération et la relance du ballon.
La composition des joueurs du milieu doit être déterminée par l’option et l’ambition du jeu à faire et du résultat recherché.
Je pense que l’Equipe nationale doit se bâtir sur sa force principale qui est l’axe central constitué de deux éléments de classe mondiale qui sécurisent efficacement la défense (Kara Mbodje-Kalidou Koulibali).
Ce constat doit permettre une ambition de jeu plus offensif, plus conquérant, en osant aligner deux à trois éléments à vocation offensive, créateurs de jeu et pouvant se projeter vers l’avant pour soutenir les attaquants.
Certes, il est évident que ces milieux de terrain auront aussi fondamentalement des taches de récupérateurs devant la défense centrale.
Aujourd’hui, de plus en plus, les grandes équipes évoluent avec trois défenseurs axiaux pour permettre aux excentrés et aux latéraux d’être plus impliqués dans l’animation du jeu.
Chaque rencontre de football a sa vérité, les schémas et les choix des joueurs devant se faire par rapport à l’équipe adverse, puisque dans toute bataille le résultat dépend de la stratégie.
Cela a-t-il été le cas contre le Cameroun ?
Tout un chacun savait qu’il y aurait une reconduction de l’équipe ayant battu la Tunisie, alors que ce n’était pas le même match, encore moins de la même importance, pour cause d’élimination directe.
Sadio Mané et Diao Baldé sont des joueurs véloces, explosifs, avec un jeu de percussion exceptionnelle. Leur enthousiasme juvénile doit nous valoir avec un peu plus de lucidité et de clairvoyance, beaucoup plus de possibilités à marquer des buts. Ils doivent être plus généreux et plus collectifs dans le jeu offensif et défensif (repli défensif et pressing).
L’Equipe nationale du Sénégal a une densité et un volume de jeu qui doivent en faire l’une des meilleures au monde ; mais il faudrait plus de rigueur et d’impartialité sur le choix des joueurs. Ce serait un gâchis si cette talentueuse génération ne participait pas à la prochaine Coupe du Monde 2018, en Russie.
En faisant la somme des lacunes et insuffisances révélées lors de cette expédition au Gabon pour les corriger, il ne fait aucun doute que le Sénégal pourrait aller en Russie.
C’est pour dire qu’il y a lieu de réfléchir à la mise en place d’une Direction technique nationale plus forte, composée d’éminents experts ayant blanchi sous les harnais, pour assister Aliou Cissé dans ses choix et options.
Il n’est nullement question de douter ou de remettre en cause la valeur d’Aliou Cissé, qui est un patriote et un compétiteur. Néanmoins je pense que l’apport de techniciens chevronnés ayant un long vécu sur les bancs de touche, améliorerait sensiblement la gestion du jeu sénégalais et réduirait les marges d’erreur.
En faisant une bonne articulation entre la nouvelle Direction technique et l’entraineur national ; ce mariage de raison et de pensée pourrait nous procurer beaucoup de satisfaction.
La Direction technique nationale est à la fois un concepteur, un planificateur et un administrateur. L’Entraineur national est bien sûr responsable du choix des joueurs et des options tactiques.
Notre football a des défis majeurs à relever dans le court terme, et nous n’avons nullement à désespérer, car l’intelligence collective permet après les incantations de retrouver le chemin du succès.
J’espère que cette contribution permettra à tous ceux qui aiment le football d’approfondir la réflexion pour un avenir jalonné de victoires.

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