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Il n’a pas été investi. Pour autant, il n’a pas boudé le Pds. Il va se battre encore pour que la coalition gagnante Wattù senegal puisse remporter les deux sièges mis en jeu dans le département Diourbel. Avec cette multitude de listes, il propose à l’avenir un scrutin intégral départemental.

Khadim Guèye, responsable départemental du Pds à Diourbel, prend le contrepied des frustrés du Pds à la suite des investitures pour les prochaines Législatives. Pour lui, il ne faut pas bouder. Il confie en marge de la session ordinaire du Conseil départemental du lundi 19 juin : «Pour les investitures, il y a toujours de  problèmes de ce genre. Cette année, c’est encore plus compliqué. Parce que, les investitures ont été faites à la hâte.  Si vous prenez la coalition Mankoo, elle a éclaté le jour même du dépôt des listes. Les décisions définitives de séparation ont été prises la veille. Donc, les états-majors n’avaient presque plus le temps, la sérénité, de faire toutes les consultations nécessaires, de faire tous les arbitrages nécessaires pour les investitures. En ce qui concerne notre coalition, pour le Pds, beaucoup de gens ne comprennent pas. Si vous prenez les 20 premiers sur la liste, vous avez 10 hommes et 10 femmes. 10 qui reviennent à une grande coalition où il y a au moins 6 secrétaires généraux de partis qui vont tous forcément figurer sur la liste. Le Pds a pris la moitié. Ces places sont là depuis la création du Pds. C’est comme ça que le Pds a toujours investi. Le secrétaire général national, la présidente des femmes, le secrétaire général des cadres, le directeur des structures et le chargé des élections. C’était assez compliqué. J’ai été investi député trois fois et j’ai été élu député à deux reprises.» Et l’interlocuteur du journal Le Quotidien de poursuivre : «Après tout cela, est-ce-que je vais me battre au niveau du Pds ou me chamailler pour avoir une place sur la liste nationale. Ce n’est pas correct de ma part surtout pour avoir une place après les vingt premiers. Je considère que c’est assez logique de céder la place à d’autres. On m’a demandé de diriger la liste départementale. J’ai dit stratégiquement, ce n’est pas bon parce que je suis à l’intérieur de beaucoup de responsables politiques. Si je suis investi sur la liste départementale, je les élimine tout de suite, ils ne sont pas investis. Et si je les élimine, ils ne sont pas récompensés des efforts qu’ils ont faits en particulier des efforts qu’ils ont faits pour m’accompagner pour être élu président du Conseil départemental. En toute reconnaissance, je dois demander à ce que certains soient investis. Le parti a dit insister. J’ai dit non, il ne faut pas que je les élimine parce que je ne connais pas les conséquences que cela peut provoquer. Si je les élimine, ils vont toujours être avec moi, ils ont la sympathie d’être avec moi mais est-ce qu’ils vont se battre pour que le parti gagne. Je vais me battre beaucoup plus que je ne le faisais. J’ai proposé qu’on choisisse un dans le département et un dans la commune.»
Sur la bouderie de certains responsables libéraux qui n’ont pas été investis, il conseille : «On a une bonne équipe capable de battre campagne. En politique, il faut être patient, raisonnable. En 1998, je n’ai pas été investi alors qu’en 1995, j’avais été élu secrétaire général de la Fédération départementale avec 70% des voix, les gens m’avaient demandé de boycotter mais j’ai refusé et après, vous avez vu la carrière que j’ai menée au plan politique.»
Donnant son avis, sur les élections législatives du 30 juillet 2017, le secrétaire général de la fédération Pds de Diourbel confie : «Sincèrement qu’il y a une pagaille et une véritable anarchie qui se prépare. 47 listes, c’est inadmissible. C’était prévisible. On a vu les élections locales avec une multitude de listes. Les gens devaient dire : «Attention, si on continue comme ça, est-ce qu’on ne va pas avoir des problèmes lors des élections législatives ?» Et cela est dû au fait qu’il y a un manque terrible de dialogue. Le pouvoir n’a pas dialogué pour qu’on puisse éviter cela. Avec le référendum, le pouvoir a foncé parce que c’est le référendum qui a dit aux indépendants qu’ils peuvent tous se présenter.»
Pour Khadim Guèye, la solution, c’est l’instauration du scrutin départemental : «Main­tenant, il faut penser à corriger. La pléthore de listes, c’est dû uniquement au principe de la liste nationale, c’est la liste nationale qui a augmenté le nombre de candidatures. Si on instaure le scrutin départemental intégral, vous allez voir que ces listes nombreuses n’auront plus lieu. Vous verrez que c’est seulement qui peut régler les problèmes. Aux Etats-Unis, il n’y a pas de proportionnelle.»
badiallo@lequotidien.sn 

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