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Mariama Sarr ministre de la femme

En 2016, malgré les efforts enregistrés, il est urgent d’abolir  la mutilation génitale féminine. Cette pratique ancestrale qui constitue à enlever le clitoris empêche la victime d’avoir du plaisir sexuel et engendre des complications après accouchement, généralement des problèmes de santé.

«Dieu nous a créées avec un clitoris (organe érectile de la vulve). Pourquoi l’enlever ?» A cette interrogation, Khady Koïta, la cinquantaine, cherche toujours un début de  réponse. Excisée à 7 ans, mariée à 13 ans et exilée à 14 ans, la présidente de l’Association la Palabre sait au plus profond d’elle-même qu’il faudra encore «renforcer la sensibilisation sur les risques qu’entraînent les mutilations génitales féminines» afin d’arrêter cette pratique bien que traditionnelle, mais aussi nuisible à la santé de la femme à plus d’un titre, car elle prive de plaisir sexuel à la victime et entraîne des complications après accouchement.
Pourtant, le Sénégal fait partie des premiers pays africains à légiférer dans ce sens. En 1999, le pays a légalement interdit l’excision. Mais force est de constater qu’il reste du chemin pour complètement éradiquer ce fléau. En 2015,  24% de femmes âgées entre 15 et 49 ans ont été déclarées excisées contre 28% en 2005. Et pour accélérer cette baisse, un atelier sur la Réso­lution A/Res/69/150 de l’Onu sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les Mgf a été organisé hier par le ministère de la Femme. L’ob­jec­tif étant de faire l’état des lieux. En ce qui freine l’application de la loi de 1999, on retiendra que la législation est méconnue du grand public et que cette pratique se fait de manière silencieuse. Pour Khady Koïta, il faut se donner les moyens de relever ce défi. Elle affirme qu’un «travail réel de changement de comportements est à faire. Certes c’est difficile avec la pression sociale, mais en un moment donné il faut l’outrepasser. Nous n’avançons pas, car nous n’osons pas dire ce qui se passe. Stop c’est stop, c’est ce que nous devons faire».
Il faut noter que depuis le vote de cette loi, seulement 8 affaires ont pu être jugées. Et dans ces 8 jugements, 4 ont été faits dans la région de Kolda. 6 176 communautés ont déclaré avoir arrêté cette pratique. Et d’après les experts, cette déclaration n’est qu’une façon de récupérer des ressources additionnelles. Mais dans la réalité, le chiffre est en deçà. Et pour échapper au contrôle, les communautés ayant déclaré arrêter la Mgf vont passer nos frontières pour s’y adonner. Ce qui appelle à une opération transfrontalière pour l’éradication du fléau.
mgaye@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. En contribution à votre article : plasticienne engagée, j’ai réalisé une oeuvre sur le sujet des mutilations sexuelles intitulée « Infibulation », que j’ai pu présenter à 400 lycéens français pour la Journée des Femmes 2018. Le dialogue fut incroyable avec des élèves qui découvraient cette pratique barbare.
    Quand l’art permet de parler directement des MGF et d’ouvrir le débat. Cette série a aussi été exposée dans un centre de planification familiale avec une soirée conférence/débat.

    A découvrir : https://1011-art.blogspot.fr/p/blog-page.html

    Mais aussi une oeuvre plus pudique intitulée « Noli me tangere » sur l’inviolabilité du corps de la femme : https://1011-art.blogspot.fr/p/noli-me-tangere.html

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