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Le Sudeten se mobilise pour faire adopter la retraite complémentaire qui permettra aux travailleurs de jouir plus de sécurité à la fin de leur vie active.

Retraite complémentaire par capitalisation : enjeux et mécanisme. C’est autour de ce thème qu’ont tourné hier les travaux de la section Thiès du Syndicat unique et démocratique des travailleurs de l’énergie (Sudeten). Introduisant ce thème, Gora Diabaye, membre du bureau national du syndicat, explique d’emblée que le concept «retraite complémentaire» est «une innovation», et «une actualité récente au Sénégal». Pour lui, «toute innovation a besoin d’être comprise pour être adoptée». Ainsi, il salue «la démarche citoyenne de la section locale de Thiès du Syndicat Sudeten, qui vise à communiquer sur les enjeux et les mécanismes de la retraite complémentaire». Un concept que le panéliste définit comme étant un régime de retraite obligatoire mis en œuvre par des caisses de retraite, associations ou organismes publics, alimentées par des cotisations prélevées sur les salaires (cotisations salariales et patronales). «Au moment de son départ à la retraite, le salarié perçoit une retraite complémentaire qui vient en complément de la pension de retraite du régime général de sécurité sociale.» Pour dire, selon M. Diabaye, que «la retraite complémentaire n’est rien d’autre qu’une épargne solidaire qui constitue des ressources additionnelles pour combler la faiblesse des pensions de retraite». Revenant sur le thème, l’agent en service à la Senelec d’estimer qu’au Sénégal présentement, «la pension de retraite minimale est de 39 000 F Cfa et souvent on a même peur d’aller à la retraite». Toutes raisons, selon lui, qui l’amènent à demander à sa boîte d’adopter cette nouvelle innovation à savoir la retraite complémentaire pour créer d’autres sources de revenus après la retraite. «C’est important parce qu’on démarre son activité professionnelle avec une petite famille en charge mais on termine avec de très grandes responsabilités. On a par exemple un salaire de 300 000 voire 500 000 f Cfa et, après la retraite, on se retrouve avec 39 000 F Cfa par mois. Cela peut déstabiliser une famille. C’est la raison pour laquelle nous avons voulu innover pour sensibiliser tout le monde pour qu’ils puissent adhérer et adopter le principe de la retraite complémentaire.» Car il soutient que «l’individu qui consacre toute sa carrière à servir son entreprise devrait bénéficier de quelques privilèges, en plus de sa retraite de base qui reste obligatoire et indispensable pour un salarié».
Dans la même lancée, il dénonce les faiblesses qui impactent les pensions de retraite avec le nombre relativement faible de personnes actives qui cotisent pour les retraités. «Il y a aujourd’hui au Sénégal plus de chômeurs que de travailleurs.» Egalement, poursuit-il, «le niveau relativement faible des salaires de ces personnes qui doivent cotiser pour les retraités». Sans compter, la durée des cotisations qui est, selon lui, relativement courte. «Nous avons constaté depuis un certain temps au Sénégal que l’âge d’obtention d’emploi est très élevé (35 à 40 ans), contrairement aux temps passés, où on avait la possibilité d’avoir son premier emploi à l’âge de 20 à 25 ans. Ceci offrait  la possibilité de cotiser pendant 30 ans au moins dans les caisses de retraite comme l’Ipres. Présentement, les montants à répartir aux personnes retraités sont très faibles. Ce qui justifie les perspectives de la retraite complémentaire.» Aussi Diabaye de plaider pour que l’entreprise Senelec repense sa politique de gestion de ses retraités. Non sans interpeller l’Etat à mettre sur pieds des mécanismes pour faciliter et accompagner la création d’institutions qui vont assurer la gestion de la retraite complémentaire. Egalement, ajoute-t-il, sur le plan politique, «la vulgarisation et l’accompagnement des salariés pour bénéficier d’une retraite complémentaire, contribue au bien-être des populations et à l’équilibre social». Ceci demande, d’après Gora Diabaye, nécessairement, des compagnes de sensibilisation et de persuasion, auprès des populations et des pouvoirs publics, pour mieux permettre  l’adoption de cette nouvelle donne. Car à son avis, «l’instauration d’une assurance retraite complémentaire, pourrait régler définitivement la problématique de la retraite au Sénégal, en général et à la Senelec en particulier»
nfniang@lequotidien.sn

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