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La grogne grossit. Ils étaient tous là face à la presse. Hormis Modou Lo et Balla Gaye 2 excusés, le Collectif des lutteurs était au complet hier, avec Balla Diouf, Lac 2, Moustapha Guèye, Gris Bordeaux, Lac 1, le président d’honneur Boy Kairé et le président de l’Association, Khadim Gadiaga. L’ordre du jour en valait la peine, à savoir passer à la vitesse supérieure pour le départ du Cng de lutte.

Le Collectif des lutteurs est plus que déterminé à faire partir le Cng de lutte. En conférence de presse hier, les membres de cette structure ont réaffirmé cette volonté d’y parvenir en prenant une série de mesures contenues dans leur plan d’actions. Et parmi ces mesures, il y a une marche pacifique que le collectif prépare à dérouler. L’infor­mation est de son président, Khadim Gadiaga, qui renseigne que la date retenue pour cette marche sera arrêtée dans les jours à venir et sera communiquée par voie de presse.

Le mutisme de Matar Ba dénoncé
«Nous allons prochainement solliciter une autorisation pour notre marche. Nous allons saisir pour cela le préfet de Dakar en lui adressant une correspondance dans les jours à venir», a confié Khadim Gadiaga. Qui ajoute qu’une tournée d’information va être organisée «dans les 14 régions du Sénégal pour convaincre du bien-fondé du départ du Cng après avoir géré la lutte pendant 24 ans».
«Las et déçu» d’attendre la réaction du ministre des Sports, Matar Ba qui avait pourtant promis de réagir une fois rentré de la Coupe du monde de football en Russie, le Collectif des lutteurs estime «que le Cng sous la direction du Dr Alioune Sarr a fait son temps». «Le Cng doit céder la place à une nouvelle structure. Et cette structure a l’obligation de rendre compte de sa gestion aux acteurs de la lutte.»

Khadim Gadiaga : «Il est temps que la gestion sobre et
vertueuse soit matérialisée au niveau du Cng»
«Depuis 1994, le Cng gère les finances de la lutte et à aucun moment, il n’y a eu de compte-rendu ni un éclairage sur la gestion des deniers publics», s’emporte Khadim Gadiaga qui lance «l’Ofnac, les organes de contrôles du ministère des Sports et la Cour des comptes aux trousses du Cng.»
«Il est temps que la gestion sobre et vertueuse soit matérialisée au niveau du Cng», ajoute le président du collectif. S’offus­quant de la lourdeur des sanctions financières dont ils font l’objet, les lutteurs du collectif exigent une «révision du règlement qui régit la lutte avec frappe».

Tapha Guèye : «Le Cng n’est intéressé que par l’argent des lutteurs»
Rejoignant les membres du collectif dans leur combat, l’ancien Tigre de Fass, Moustapha Guèye, dit avoir tourné le dos au Cng en constatant que l’instance en charge de la lutte «n’est intéressée que par l’argent». «Le Cng est une machine à sous qui récupère de l’argent», dégaine le frère de Mbaye Guèye. Qui souligne qu’«il n’y a qu’au Sénégal qu’un lutteur débourse 10 mille Cfa pour se payer sa licence. Et qu’en France, on n’exige que 2 euros à l’athlète pour se faire délivrer une licence».
Continuant de «tailler en pièces» la structure gérant la lutte, l’autre Fassois, Gris Bordeaux, attire l’attention sur le fait que «le Cng lui a reproché d’avoir ramené une centaine d’accompagnants lors de son dernier combat contre Balla Gaye 2 alors que le nombre qui l’a accompagné au stade ne faisait même pas une dizaine d’individus».

Gris Bordeaux : «Tout faire pour que le mandat du Cng ne soit pas renouvelé»
Accusant l’instance «d’avoir cherché à diviser les lutteurs pour mieux régner», le troisième Tigre de Fass en appelle à «une forte solidarité des lutteurs autour de l’objectif fixé qui est de faire en sorte que le mandat du Cng ne soit pas renouvelé le 31 octobre prochain par le ministre des Sports». Soulignant qu’ils n’ont pas la prétention de remplacer Dr Alioune Sarr à son poste, les membres du collectif tiennent à préciser que «le prochain président du Cng sera désigné par l’autorité de commun accord avec les lutteurs».
Si Modou Lô et Balla Gaye 2 ont été autorisés à s’absenter pour des raisons liées à leur prochain combat, Lac 2 a lui marqué de sa présence la rencontre. Au présidium, le lutteur du Walo était installé aux côtés du Secrétaire général du collectif, Balla Diouf qui avait à ses côtés, entre autres, Moustapha Guèye, Gris Bordeaux, Lac 1 et le président d’honneur du collectif, Boy Kairé.
ambodji@lequotidien.sn

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