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Le chef de l’Etat a demandé à tous les adjudicataires sénégalais qui répondent aux critères de se regrouper pour gérer ensemble la concession de la plateforme logistique pétrolière lancée par le Pad. Une première saluée par le président du Cnp.

Macky Sall sera-t-il le sauveur du secteur privé sénégalais ? Sans aller jusque-là, le président du Conseil national du patronat (Cnp), Baïdy Agne, n’a pas hésité à adresser des félicitations et des remerciements au chef de l’Etat, suite à la décision prise par ce dernier de demander au Port autonome de Dakar d’attribuer la concession de la Plateforme logistique pétrolière au secteur privé sénégalais.
Concrètement, face aux tiraillements qui commençaient à se faire entre les Sénégalais qui avaient répondu à l’appel d’offres international du Port autonome de Dakar, le président de la République a demandé à tout ce monde de se réunir en un seul consortium pour se voir attribuer la concession par le Pad. A charge pour ledit consortium de se chercher un partenaire stratégique étranger, s’il s’en sent le besoin.
Baïdy Agne qui, à travers son groupement «Société logistique pétrolière», avait répondu à l’Ao avec d’autres partenaires sénégalais et étrangers, a tenu à souligner que c’était «une première». Il a déclaré que d’habitude, s’agissant des concessions, on donnait la majorité des parts aux partenaires étrangers, pour ne réserver aux nationaux, comme dans les Ppp, que la portion congrue ou 20% environ. Mais là où les compétences existent et où les investisseurs sénégalais, comme dans la concession de la plateforme pétrolière, affichent leur volonté de se regrouper, on ne peut que se féliciter que l’Etat, au plus haut niveau, veuille les accompagner. C’est donc, à ses yeux, «un énorme pas en avant, et c’est aussi de ma responsabilité de le dire».
Pour le moment, les différents groupements sont en discussion pour donner une forme juridique au consortium qu’ils veulent mettre en place, avant de se tourner pour discuter avec le Pad sur les détails de la concession sur les services pétroliers portuaires.
Ce sont environ 7 groupements d’entreprises sénégalaises et étrangères qui avaient répondu à l’appel d’offres du Pad sur la concession de la plateforme logistique pétrolière. Ces groupements ont regroupé chacun des grands noms des chefs d’entreprise du Sénégal. On a parlé de Baïdy Agne et de son groupement, mais il n’y était pas le seul capitaine d’industrie notable. A ses côtés, il y avait entre autres Oumar Sow de la Cse, et Abderrahmane Ndiaye d’Elton. Bolloré, qui a déjà une concession au Pad, s’est également positionné aux côtés de noms célèbres comme Mamadou Racine Sy et d’autres businessmen.
Face à eux, il y avait des acteurs comme Diankou Mbengue, bien positionné au Pad et dans la logistique, Amadou Mbacké Sèye, pour qui le pétrole et les hydrocarbures n’ont plus aucun secret, ainsi que l’autre homme fort du pétrole et des finances, Baba Diao, que l’on ne présente plus, ou Alioune Ndiaye de Maritalia, qui a mis au point un groupement dénommé Atlantic offshore services (Atos). Tout ce monde, tous ces groupements ont cherché chacun un partenaire stratégique étranger puissant qui devait leur faciliter l’obtention du graal. En sus, chaque soumissionnaire devait d’abord s’acquitter de l’acquisition du cahier des charges qui coûtait 25 millions de francs Cfa, non remboursables. Outre cela, chaque soumissionnaire ou groupement devait faire preuve d’une capacité financière d’au moins 6 milliards de francs Cfa, en plus de ses prétentions à investir.
La bataille entre les rivaux s’annonçait impitoyable et le Président Macky Sall l’a vite compris et au vu de la manière dont les choses se présentaient, avec les coups bas qu’avaient commencé à se faire les uns et les autres, a vite décidé d’y mettre le holà. C’est ainsi, comme dit plus haut, qu’il est intervenu pour demander à tous les Sénégalais, membres des différents groupements, de se constituer en une seule entité pour qu’il leur soit donné les 100% de la concession. Quitte à eux, une fois cela fait, de se trouver un partenaire stratégique étranger fiable.
Si Baïdy Agne s’est félicité de la démarche présidentielle qui a donné une forme concrète au contenu local dans le secteur pétrolier, le dirigeant du Cnp n’a pas voulu s’arrêter là. Il a révélé qu’au cours d’une audience que lui a accordée le chef de l’Etat il y a deux semaines environ, il lui a demandé de pousser encore plus loin, en faisant confiance à ses compatriotes dans d’autres domaines également. «J’ai évoqué devant lui l’exemple d’un pays comme le Nigeria. Tous les Ipp, (les contrats d’achat ou de production d’électricité indépendante) sont faits par des Nigérians. Ici, nous avons les capacités techniques, les moyens et contacts, de monter des Ipp de 200 Mw, 250 Mw. En vertu de quoi devons-nous systématiquement, en tant que pays, nous tourner vers des étrangers ? J’ai dit au Président que j’estime que tous les Ipp devraient être donnés à des Sénégalais, et au-delà, dans tous les domaines où nos capacités sont prouvées, il faut renforcer les Sénégalais, et il est tout à fait ouvert pour aller dans ce sens, et cela aussi doit être salué.»
Baïdy Agne a tenu à souligner que cette prise de position ne signifiait pas que le pays devrait se passer d’investissements directs étrangers. Ce qu’il refuse par contre, c’est de voir des entreprises étrangères venir se disputer avec des Sénégalais sur la commande publique de l’Etat.

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