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Bousculée par la concurrence sur son marché du sucre de contrebande, la Compagnie sucrière sénégalaise ne parvient pas à écouler ses stocks depuis plusieurs semaines. En conséquence, elle se retrouve en difficulté de trésorerie, au point, indique Louis Lamotte, l’un des dirigeants de la boîte, que si la société ne vend pas dans les jours à venir, elle va devoir fermer boutique.

Les syndicalistes avaient attiré sonné l’alarme, comme dans l’édition du journal Le Quotidien du lundi 9 novembre dernier. Cette fois-ci, c’est un membre de la direction de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) qui monte au créneau pour décrier la situation difficile que connaît son entreprise. Pour Louis Lamotte, la Css va ni plus ni moins que vers l’arrêt de son activité. Cela, tout simplement par faute de moyens financiers.
Au cours d’un échange téléphonique hier, M. Lamotte a expliqué que même le paiement des salaires pour le mois de novembre est devenu hypothétique. La cause, «il nous faut trouver 1,5 milliard de francs Cfa pour payer les salaires, et à ce jour, on n’a pas vendu pour 30 millions de francs. Et d’ici la fin du mois, on ne vendra certainement pas pour 150 millions, et il faudra chercher plus d’un milliard auprès des banques pour payer, et ce n’est pas possible».
Il y a plusieurs semaines déjà que la Css ne vend plus, et se retrouve aujourd’hui avec plus de 30 mille tonnes de sucre dans ses dépôts, au moment où des commerçants («bien connus de tous», assure le cadre de la Css) continuent d’inonder le marché avec du sucre importé grâce à des Dipa (Déclara­tions d’importation des produits alimentaires) qui leur ont été complaisamment délivrées. En conséquence, les 8000 travailleurs de la Compagnie de Richard Toll, la plus grande compagnie industrielle du Sénégal, ne sont plus sûrs de percevoir leurs salaires, et encore moins, de la garantie de leur outil de travail. Cela, au moment où ils viennent d’entamer la nouvelle campagne agricole.
Louis Lamotte a en effet déclaré que la société en est aujourd’hui, «à plus de 70 milliards de crédit à court terme auprès des banques. Si on ne vend pas nos produits tout de suite, ce n’est pas la peine de démarrer la campagne. Nous avons démarré avant-hier (mardi 10 novembre, Ndlr), mais nous sommes dans des dispositions de tout arrêter, parce qu’on ne peut pas produire et stocker alors que le marché est encore occupé par du sucre introduit ici par des traders». La situation en est au point qu’aucune des banques de la place n’accepte d’accorder un crédit à la Css. «Ce qui ne s’est jamais produit dans ce pays, même au temps de Wade», déplorera le dirigeant de la Css.
La seule consolation pour lui, c’est que tout le personnel semble conscient de la difficulté de la situation. Au point que les délégués du personnel et les syndicalistes, réunis hier, prévoient de tenir un point de presse demain samedi à Richard Toll. Au cours duquel seront annoncées les actions que les employés de l’entreprise comptent déployer, dans l’optique de sensibiliser l’opinion nationale sur les conséquences d’un éventuel arrêt de la Css.

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