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Le 8ème Groupe consultatif du Sénégal se clôture cette après-midi à Paris avec le Forum des investisseurs privés, en présence du chef de l’Etat. Mais d’ores et déjà, la journée d’hier a été pour le gouvernement du Président Macky Sall marquée par un succès des plus éclatants. Parti pour solliciter 2 850 milliards de F Cfa, et en espérant environ 5 000 sur la base des promesses obtenues avant la date, le gouvernement s’est vu proposer environ 3 fois la somme de ses besoins. Une marque de confiance qu’il a promis de ne pas décevoir.

S’il y a des personnes qui auront eu une nuit tranquille et souriante hier à Paris, en France, malgré les vestiges des passages des «Gilets jaunes», Macky Sall et son ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, devraient être placés en tête de peloton. Hier, au 66, avenue d’Iena, dans l’après-midi, les deux hommes ne cherchaient pas à dissimuler leur allégresse. Et cela se comprenait aisément. Venus chercher 2 850 milliards de francs Cfa, les deux hommes se voyaient proposer un pactole de 7 356 milliards de francs Cfa, soit l’équivalent de 14 milliards de dollars américains. Suffisant pour que le Président Macky Sall, à la fin de la rencontre au siège parisien de la Banque mondiale, se répande en remerciements envers tous les partenaires. Cela se justifiait, quand on pense que le ministre des Finances avait, lors de sa tournée des capitales étrangères, estimé avoir sécurisé un peu moins du double du montant qu’il sollicitait. Macky Sall ne pouvait donc, après ces annonces, qu’être tout sourire.
Il a garanti, en conséquence, à ses partenaires que «le Sénégal utilisera encore une fois, de façon efficace et efficiente, les ressources mobilisées durant cette journée… pour conduire des réformes pertinentes dans le cadre d’une stratégie d’accélération de notre émergence». Et pour montrer à tout que «he means business», le chef de l’Etat a martelé : «Ça, c’est mon engagement personnel.» Cela, parce que, l’a-t-il reconnu, «il y a encore beaucoup à faire» pour que les ressources ainsi promises et leur destination puissent marquer de manière durable la sortie du pays du cycle de la pauvreté. Même si, pour Macky Sall et les partenaires étrangers, il est indéniable que le pays est sur une bonne trajectoire. Amadou Ba l’a d’ailleurs dit, la manne des milliards pour le financement de la seconde phase du Plan Sénégal émergent n’est pas une surprise. Déjà, bien avant cette rencontre d’hier à Paris, les partenaires traditionnels du Sénégal avaient montré leur bonne volonté.
«Le coût global du Plan d’actions prioritaires 2019-2023 est estimé à 14 mille 098 milliards de F Cfa, soit 24,5 milliards dollars Us. Le financement acquis d’un montant de 9 414 milliards provient de l’Etat pour 4 248 milliards et 5 166 milliards pour les Ptf. Le gap à rechercher est de 4 684 milliards dont 1 834 milliards F Cfa du secteur privé», avait affirmé Amadou Ba dans son propos liminaire. C’est dire donc que les engagements des partenaires, à eux seuls, s’ils venaient à être tous agréés, suffiraient amplement à financer ce Pap 2019-2023. C’est en quelque sorte le scénario de février 2014 qui s’est répété.
On se rappelle que lors de son premier passage au Groupe consultatif, le régime du Président Macky Sall cherchait 1 853 milliards de francs Cfa pour financer un plan qui était évalué à 9 685,6 milliards de F Cfa. A l’arrivée, son Pse qui venait d’être présenté à la communauté des bailleurs des fonds avait reçu 3 729 milliards de F Cfa, soit 201% du financement public recherché. Et le ministre de l’Eco­nomie, des finances et du plan a indiqué hier qu’au cours des 5 années de ce plan, même cet engagement initial a été pulvérisé par le niveau des financements effectifs qui s’est élevé à «6 606 milliards de Cfa répartis en 173 conventions signées, soit un taux de concrétisation des engagements financiers de 177%».
On peut d’ores et déjà croire que cette 2ème phase du Pse connaîtra les mêmes évolutions malgré les perspectives électorales qui se présentent pour le pays dans moins de 3 mois. Perspectives qui n’ont pas semblé peser d’un poids quelconque sur la balance hier. D’ailleurs, parmi les Sénégalais venus nombreux au Groupe consultatif, certains ont voulu interpréter à leur manière la sortie du ministre français de l’Economie Bruno Le Maire qui, en annonçant un engagement de 1,5 milliard d’euros de son pays, a exprimé le «respect et l’admiration» de son gouvernement et de son pays en la gouvernance du Président Macky Sall. Ce qui lui a sans doute autorisé cet aparté : «Monsieur Sall, je serais heureux de vous rendre visite au printemps prochain à Dakar.» Des partisans comme des opposants du pouvoir ont traduit par : «Macron a choisi le camp de Macky Sall.» Reste à savoir si le ministre français avait conscience, en ce moment-là, du contexte sénégalais dans lequel ses paroles allaient être accueillies.

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