PARTAGER

Pour réclamer justice pour Fallou Sène, les étudiants de Saint-Louis n’iront pas aux amphis aujourd’hui, plus de 70 jours après la mort de leur camarade.

Alors que certaines Ufr flirtent avec l’année invalide, la détermination des étudiants de Saint-Louis à réclamer justice pour Fallou Sène reste intacte : Il n’y aura pas de cours aujourd’hui dans les amphis de l’Université Gaston Berger. C’est la décision prise par la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) qui a décrété cette «journée noire» pour dénoncer les lenteurs de la Justice dans le dossier de leur camarade tué par balle par des éléments de la gendarmerie le 15 mai dernier. Joint hier, le président du Cesl a détaillé les raisons de ce mouvement d’humeur : «Nous déplorons le manque de bonne foi des autorités et le silence complice des populations parce qu’on a l’impression d’être seuls dans ce combat. Avant d’être étudiant, Fallou Sène est un citoyen et donc tous les hommes épris de justice devraient se battre pour dénoncer ces lenteurs judiciaires.»
Pour cette journée, des récitals de Coran vont rythmer l’ambiance dans le campus universitaire en guise d’hommage au «martyr» Mouhamadou Fallou Sène, originaire de Patar dans la région de Diourbel. Cependant, la Cesl prévient que les actions de protestation pacifique ne seront pas éternelles en cas de statu quo. «Si rien n’est fait, nous allons passer à la vitesse supérieure parce qu’il n’est pas question que notre camarade soit tué et qu’il n’y ait pas de responsables. Nous sommes prêts à mener ce combat jusqu’au bout pour l’identification puis l’arrestation des assassins de notre camarade. C’est trop facile ça», enrage M. Sambou qui regrette qu’«au Sénégal pour se faire entendre, il faut poser des actes de violence».

«Le procureur refuse de rencontrer l’avocat de la famille de Fallou Sène»
Plus de 70 jours après la mort de l’étudiant, le dossier n’a pas connu d’évolution. Interpellé mercredi dernier à Ouakam dans le cadre de la sortie d’une nouvelle promotion de la Gendarmerie nationale, le général Meïssa Niang, Haut commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire, a déclaré : «L’évolution du dossier Fallou Sène n’est pas de mes prérogatives mais de celles du procureur de la République.» De la poudre aux yeux à en croire les étudiants de Saint-Louis. Alex Mapal Sambou bat en brèche : «Le procureur de la République ne peut rien faire lorsqu’il n’a pas d’ordre de poursuite. La particularité est que cet ordre de poursuite doit venir du ministère des Forces armées.» Pire, poursuit le président du Cesl, l’avocat de la famille Sène Me Assane Dioma Ndiaye «n’a eu aucune audience avec le procureur (de Dakar) qui refuse de le rencontrer». Pourtant, note avec le dépit M. Sambou : «Au même moment, on accélère des dossiers d’autres personnes pour des raisons politiques. La réalité est qu’on a une justice à double vitesse.»
bgdiop@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here