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Ababacar Fall se réjouit de la désignation de Saïdou Nourou Bâ pour diriger les concertations sur le processus électoral. Membre de la Pacte, une organisation de la Société civile, il trouve que c’est un homme «intègre, neutre et qui bénéficie d’un préjugé favorable».

Le Quotidien a appris que l’ambassadeur Saïdou Nou­rou Bâ a été désigné par le chef de l’Etat pour diriger les concertations. Quelle est votre réaction en tant que Société civile ?
Je rappelle qu’en tant que Société civile, nous avions posé ce préalable, c’est-à-dire le choix d’une personnalité neutre à la tête des concertations. Nous n’avons rien contre la Cena. Nous avons simplement estimé que si nous voulons des concertations sérieuses, il faudrait mettre à la tête de ces concertations, une personnalité neutre et consensuelle. Et je pense que l’ambassadeur Saïdou Nourou Bâ est un homme de la Société civile, intègre et neutre. Il a en tout cas un préjugé favorable et nous préférons le juger sur pièce. Je rappelle aussi que dans notre dé­claration, les deux organisations de la Société civile avaient posé, en plus du choix d’une personnalité neutre pour diriger les travaux, le préalable de l’engagement du président de la République à appliquer les conclusions issues des concertations sans en changer une virgule, comme Abdou Diouf l’avait fait pour le code consensuel de 1992. Maintenant, l’une des conditions a été satisfaite, mais pour l’autre il n’y a pas eu d’évolution. Nous allons donc participer en tant qu’observateurs.

Avec le choix de Saïdou Nourou Bâ, avez-vous espoir que l’opposition dite significative va rejoindre la table des négociations ?
Rien n’est moins sûr parce qu’il faut souligner que l’opposition, qui avait boycotté l’ouverture des concertations, n’avait pas posé la personnalité neutre comme un préalable à sa participation. Elle avait surtout déploré l’absence de sincérité dans ce dialogue. Donc, il y avait plus un problème de confiance entre ces partis et le ministre de l’Inté­rieur. Il est vrai qu’elle ne voulait pas de Aly Ngouille Ndiaye comme interlocuteur. Ensuite, cette opposition avait donné en exemple les recommandations des Assises nationales, les con­clusions de la Cnri, entre autres. Maintenant, l’opposition dite modérée, le pôle de non alignés et les indépendants avaient posé la question de ce cadre de concertation. Cette doléance est aujourd’hui satisfaite par le président de la République qui a choisi une personnalité neutre ou supposée l’être. Je rappelle que la Société civile, en l’occurrence la Pacte et le Cosce, avait, dans une déclaration commune, fait une offre de médiation à l’ensemble des coalitions de l’opposition qui n’ont pas répondu à l’ouverture des concertations à Ngor Diarama. Nous avions donc proposé une médiation avec les autres. Nous allons bientôt rencontrer la coalition Manko taxawu senegaal qui a réagi à notre lettre. En attendant de discuter avec la coalition dirigée par Abdou­laye Wade. Nous n’avons pas encore de feedback de la part du Pds et ses alliés. Nous avons simplement écrit des lettres à toutes les coalitions ou partis qui ont décliné leur participation au dialogue. Il faut aussi comprendre que des fois les mécanismes de dialogue ne sont pas aussi simples. Pour le Pds, la lettre a été envoyée au Président Wade qui n’est pas là. Cela pourrait expliquer le retard dans la réponse mais nous avons espoir qu’ils ne manqueront pas de réagir. Pour le moment, la réaction que nous avons, c’est celle de Manko taxawu senegaal.

Manko taxawu senegaal ou les partis qui la constituent ?
C’est la coalition elle-même, même si les concertations ne concernent que les partis légalement constitués. Alors ce sera avec Malick Gackou, Idrissa Seck, Jean-Paul Dias, Cheikh Bamba Dièye et autres qui ont réagi à la lettre de la société civile et marqué leur accord pour une rencontre.

Sauf que Mts avait conditionné sa participation au dialogue à la libération de Khalifa Sall…
Je tiens à souligner que nous n’avons pas posé cette question sur la table. Nous allons discuter des propositions que nous avions faites pour voir s’il est possible de les amener à reconsidérer leur position sur la base donc des considérants qui figurent dans la déclaration de la Pacte et du Cosce.

Peut-on dire aujourd’hui que le ministre de l’Intérieur est écarté des concertations ?
Non, mais surtout de la présidence des concertations. Je rappelle que dans le schéma qui a été proposé par le ministère, c’est la Cena qui devait présider les concertations avec comme assistant le ministère de l’Intérieur qui devait assurer le secrétariat à travers la Dge, notamment la Direction de la formation et de la communication.

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