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Le ministre de l’Intérieur a fixé le montant de la caution à 10 millions pour l’élection municipale et autant pour l’élection départementale. Les partis, coalitions ou entités indépendantes qui voudraient briguer les deux devront donc débourser 20 millions. Seulement, l’expert électoral Ababacar Fall trouve que c’est une décision qui «viole le principe de l’égalité des candidats».

La caution pour les prochaines Départementales et Municipales vient d’être fixée à 20 millions, soit 10 millions pour chaque type d’élection. Quelle lecture en faites-vous ?
Je considère que c’est une décision qui viole un peu le principe de l’égalité des candidats parce qu’en réalité, on va exiger 10 millions à une liste qui se présente dans l’ensemble des 557 collectivités locales et à une liste qui se présente même dans une seule collectivité locale le même montant. Cela me semble être donc assez injuste. C’est la lecture que j’ai de cet arrêté. Main­tenant, si vraiment on voulait rétablir une certaine égalité entre les candidats, surtout que c’est une élection de proximité, on pouvait fixer le montant de la caution pour chaque candidat comme cela se fait dans beaucoup de pays voisins. On peut demander à chaque candidat investi sur une liste de donner par exemple une caution de 5 000, 10 mille ou 20 mille francs. Comme ça, si vous vous présentez par exemple dans une seule localité, deux ou trois, c’est plus simple. Et vous totalisez le montant de la caution en multipliant le taux qui est fixé par le nombre de conseillers à élire dans cette localité. Cela veut dire que si vous vous présentez dans une collectivité qui compte 36 conseillers, et que le montant de la caution est fixé à 10 mille francs, ce sera une caution de 360 mille francs. Cela me semble être plus juste et plus équilibré.
Est-ce la meilleure manière de limiter les candidatures aux Locales ?
C’est là justement que la difficulté va résider parce que pour certains candidats ou certaines listes, il sera quand même compliqué de mobiliser dix millions. Il est clair que l’objectif de l’Etat, c’est d’arriver à réduire le nombre de candidats parce qu’aux élections locales de 2014, on avait eu 2 700 listes.
Comprenez-vous que la caution soit fixée alors qu’il y a un dialogue politique qui va statuer sur les questions électorales, comme la date des Locales ou encore le parrainage ?
C’est une question qui concerne directement les acteurs politiques. Or aujourd’hui il y a parallèlement le dialogue politique qui est en cours. Je pense que la caution et le parrainage sont inscrits à l’agenda de la commission cellulaire. Si les gens estiment qu’on doit discuter pour trouver un consensus autour de cette question, je pense que cela pourrait amener le ministre à revoir les choses. En tout état de cause, cela devrait être une discussion entre acteurs politiques afin qu’un consensus soit trouvé. Je comprends un peu la démarche du ministre qui est tenu par des délais. Le Code électoral lui impose de fixer le montant de la caution à 150 jours de la date du scrutin. Donc, il est obligé aujourd’hui de respecter le calendrier républicain tant qu’il n’y a pas de décret reportant les élections.

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