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Le Président du Mouvement culturel pour le salut du Sénégal (Mcss/Fulla ak Fayda) se sent «frustré», «trahi» et «déçu» par Macky Sall. Mais Abdoulaye Mamadou Guissé pense qu’au-delà de son parti, ce sont tous les alliés de l’Apr et le peuple qui ont ce sentiment.

Vous aviez été très dur avec le Président Macky Sall dans un entretien avec Vox Pop. Est-ce à dire que c’est fini entre vous ?
Si dire la vérité des faits signifie la fin d’un compagnonnage, alors je persiste et signe que c’est bien fini entre lui et le parti politique Mcss/Fulla ak Fayda dont je suis le Secrétaire général national. Je rappelle que le Président Macky Sall avait fait appel à notre parti au lendemain des élections locales de 2014 marquées par notre belle performance qui nous avait permis de décrocher 97 conseillers municipaux dont 5 dans le département de Dakar, 5 à Pikine, mon fief, et le reste réparti dans les 14 régions du Sénégal. Notre parti était allé à ces joutes sans coalition. Une première dans l’histoire politique du Sénégal, un parti créé en juin 2013 relève le défi de la première participation sans une coalition. Par la suite, nous avions répondu à une audience du Président Macky Sall dans le cadre de sa candidature à sa propre réélection. Nous avions alors pris notre responsabilité au sein de l’opposition dirigée par le Président Abdoulaye Wade dans le Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr) dont j’étais le président à l’organisation pour rejoindre la mouvance présidentielle. Au lendemain de sa réélection, le Président Macky Sall a trahi certains de ses alliés qui ont contribué activement à son score de 58,27%, et à son projet de société très ambitieux qu’il avait proposé dans son programme de campagne axé sur une volonté irréfutable d’apporter de correctifs dans l’action et dans le dynamisme économique à l’horizon proche de 2024. Egalement sur le plan politique, le constat était que la coalition Benno bokk yaakaar à elle seule avait atteint son cycle et donc ne pouvait pas réélire Macky Sall. Forts de ces constats, nous l’avions soutenu et remporté l’élection présidentielle de 2019. Nous sommes alors comptables de tout ce qu’il aura à faire jusqu’à 2024, fin de son second et dernier mandat. Les alliés nouveaux venus ont fait la différence. En guise d’exemple, le Président n’avait jamais remporté la commune de Pikine Nord où je milite. Mais au finish notre soutien et notre poids électoral l’a beaucoup aidé pour remporter cette localité très disputée. Le Président Macky Sall use et abuse de ses alliés. C’est vous dire que Macky Sall nous doit tout, et nous ne lui devons rien.

Pourtant vous l’aviez accompagné lors de la dernière Présidentielle. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Il est une vérité indéniable que nous l’avions soutenu pour sa propre réélection, mais malheureusement le Président Macky Sall a déçu d’abord nous ses propres alliés. Ensuite le Peuple sénégalais qui ne s’identifie plus aux actions et projets de société du Président Macky Sall. La politique de l’éthique et de la moralisation devrait prendre le dessus sur le mensonge et la trahison. Nous refuserons d’être un allié pieds et mains liés à la seule volonté du Prince.

Avez-vous collaboré avec les responsables apéristes de Pikine, votre fief ?
Malheureusement non, puis­que mon alliance avec le Président Macky Sall ne leur plaisait point. Ils n’ont jamais œuvré pour consolider les bases du Président Macky Sall à Pikine, encore moins dans la banlieue. Mon compagnonnage avec le Président Macky Sall ne venait pas de l’Apr ni de Benno. Le Mcss/Fulla ak Fayda s’inscrit dans l’indépendance de son action quotidienne. Nous ne recevons d’ordre de personne. La politique n’est pas une affaire clanique ou de tribu.

Est-ce qu’aujourd’hui votre frustration pourrait vous amener à retourner dans l’opposition ?
Notre frustration est une résolution, une révolte et une ambition qui nous rapproche des véritables problèmes du Peuple. Que ce soit l’opposition ou un autre cadre unitaire qui s’identifie à nos aspirations patriotiques et républicaines, nous sommes preneurs. Mais nous n’allons point rester avec la trahison et la déception.

En avril dernier, vous aviez contesté la gestion du secteur par le ministre de la Culture dans le cadre du Covid-19. En tant que président de l’Observatoire de la musique et des arts du Séné­gal (Omart), êtes-vous satisfait de la répartition des fonds alloués aux artistes ?
Dans l’ensemble, nous sommes satisfaits des mesures de contrôle et d’accompagnement dans la répartition des fonds du Covid-19. Au niveau de l’Omart, le ministère de la Culture a dirigé la procédure du début à la fin avec notre représentant, Tange Tandian. Seulement les fonds alloués à la culture sont insuffisants et ne militent point en faveur d’une résilience de l’économie culturelle.

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