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Aliou Ngaïdo a été surpris par la sortie de Mimi Touré sur un éventuel 3ème mandat de Macky Sall. Le coordonnateur de l’Apr à Brooklyn, aux Etats-Unis, estime que l’ex-présidente du Cese a manqué de «retenue». Responsable apériste de Matam, il rejette les accusations selon lesquelles ce sont les émigrés qui sont à l’origine de la hausse des cas de Covid-19.

Quelle lecture faites-vous de la sortie de Mimi Touré qui soutient que la question du 3ème mandat est derrière nous, puisque le chef de l’Etat a déclaré à plusieurs reprises qu’il est à son dernier mandat ?
La sortie de Mimi Toure m’a vraiment surpris. Je ne m’attendais pas à une telle déclaration de sa part. Pourquoi avoir attendu d’être démise de ses fonctions pour tenir de tels propos ? Sa posture de femme d’Etat lui aurait dicté de se taire et de se plier au verdict que le Conseil constitutionnel rendra sur cette question. Elle n’a pas fait preuve de retenue. Mais elle ne doit pas oublier que le président de la République avait fait d’elle son ministre de la Justice, son Premier ministre, son Envoyé spécial et présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese). S’il lui a confié toutes ces responsabilités, c’est qu’il avait trouvé qu’elle en avait le profil. Par conséquent, elle doit se ranger derrière le président de la République et l’aider à travailler. L’intérêt des Sénégalais prime sur tout. Mimi Touré devait faire comme Idrissa Seck qui, pourtant farouche opposant, a accepté de rejoindre le Président Macky Sall pour faire avancer le Sénégal. Donc si le Conseil constitutionnel le lui autorise, le Président Macky Sall va se présenter pour un second mandat de 5 ans. La plupart des constitutionnalistes disent qu’il en a le droit.

Que pensez-vous de la nomination de Idrissa Seck ?
Je salue le courage du président de la République et j’ai beaucoup apprécié sa démarche. Lorsqu’il appelait au dialogue national, beaucoup disaient que c’est de la poudre aux yeux. Donc, Macky Sall a démontré aux Sénégalais qu’il tenait à ce dialogue-là pour la stabilité du pays. C’est le sens de son appel à toutes les compétences pour, avec lui, conduire le Sénégal vers l’émergence. La nomination de Idrissa Seck à la tête du Cese donne davantage de crédit au slogan cher au Président Macky Sall, «la patrie avant le parti». L’alliance avec Idrissa Seck ne peut être que bénéfique pour le Sénégal et peut-être que d’autres pays africains s’en inspireront.

Certains soupçonnent les émigrés de Matam d’être à l’origine des nombreux cas de la 2ème vague. Qu’en dites-vous ?
Je suis mieux placé, en tant qu’émigré aux Etats-Unis, pour parler de cette pandémie. C’est un virus très dangereux qui a fait des ravages dans ce pays, pourtant le plus puissant du monde. Je rappelle que le Président Macky Sall avait alerté contre cette deuxième vague. Maintenant que les gens pensent que ce sont les émigrés qui sont les principaux responsables de la hausse des cas à Matam, ce n’est qu’une vue de l’esprit puisque les émigrés sont soumis à des tests avant d’entrer au Sénégal. Les chargés de mission de la région se rendront dans les prochains jours à Matam pour sensibiliser les populations sur l’importance de respecter les gestes barrières et distribuer des masques, des gels hydro-alcooliques et du savon. Cela est d’autant plus nécessaire qu’il y a encore des gens qui pensent que la maladie n’existe pas.

Justement, le président de la République est annoncé dans les jours à venir à Matam. N’y a-t-il pas des risques de voir cette tournée annulée si toutefois la crise sanitaire continue de persister dans cette localité ?
Ce n’est pas la première fois qu’on annonce le président de la République dans le nord. Je sais qu’il a beaucoup d’ambition pour la région de Matam. C’est la raison pour laquelle il veut y aller pour montrer aux Matamois qu’il est avec eux et qu’il peut faire plus que ce qu’il a fait. J’ai dit au président de la République, lors de notre dernière rencontre à Dakar, que je trouve excellent l’axe routier Dakar-Matam. Le seul problème se situe au niveau du tronçon Thilogne-Matam où les travaux sont un peu lents. J’ai attiré son attention sur cette question. Je lui ai dit qu’une tache noire sur un boubou blanc peut pousser des gens à dévaloriser la qualité du boubou. Je demande au président de la République que les travaux sur cet axe soient accélérés pour davantage renforcer ses réalisations.

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