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Fermé depuis le 4 avril, le marché Hlm ne devrait pas rouvrir à cause du «risque réel de propagation du Covid-19», s’alarme Babacar Sadikh Seck dit Pape. Le maire des Hlm salue la décision du gouverneur de réorganiser les marchés de Dakar mais appelle à une généralisation de la fermeture dans ces lieux de commerce. Dans cet entretien, le responsable à l’Alliance des Forces de progrès (Afp) parle de son dispositif pour répartir les vivres d’urgence à ses administrés.

Vous êtes à la tête d’une commune qui a l’un des plus grands marchés de Dakar. Que pensez-vous de la décision par arrêté du gouverneur de réorganiser les marchés ?
Pendant 10 jours, on avait fermé le marché pour nettoyer et désinfecter. Il y a eu un arrêté du maire qui a pris fin hier à minuit. Deuxièmement, j’ai pris 3 autres arrêtés. Le premier interdit la vente d’aliments sur la voie publique, aux Hlm, notamment les vendeurs de repas. J’ai pris un autre arrêté pour interdire la vente d’aliments sur la rue parallèle à la rue Cheikh Ahmadou Bamba qui fait face à l’ancienne police. Personne ne vend plus sur la rue ou les trottoirs. Enfin, j’ai pris un arrêté d’interdiction de vente sur les deux voies de l’avenue Mountaga Tall et dans la rue Léopold Senghor. Le reste, c’est qu’en tant que maire, j’ai fermé un marché. Si le danger est là, tout le monde doit en être conscient. L’arrêté de fermeture du marché est arrivé à expiration. Nous allons nous réunir mardi (aujourd’hui) avec les autorités, les populations. Ces dernières ont déjà exprimé leur approbation pour la fermeture du marché. Moi, je m’aligne derrière les populations. Mais le problème est que je suis face à des commerçants qui sont en face du marché mais qui ne sont pas de ma commune. Ils sont de Biscuiterie. Je ne peux pas les forcer à fermer boutique. Le gouverneur doit se rendre compte de ce danger. Nous sommes derrière le gouverneur. J’ai mis partout dans les rues des Hlm des lavoirs. Nous travaillons aussi avec le Centre de santé de la commune. J’applaudis la décision du gouverneur. Je voudrais lui assurer que le maire des Hlm sera le premier à appliquer ses directives.

Pourquoi ces commerçants de Biscuiterie ne ferment pas boutique ?
Pourtant, le maire de Biscuiterie a pris la décision de fermer le marché de sa commune. Il me disait que lorsqu’il avait fermé son marché, celui des Hlm était ouvert. Entre mairies, nous travaillons parce que nous savons que cette maladie existe. Nous avons même peur. Tous les maires qui ont fermé leurs marchés ont rouvert. Il faut une décision unique de fermeture parce que les marchés constituent des dangers réels de propagation du virus. On demande aux gens de respecter la distance d’un mètre. Mais allez dans les marchés ! Je remercie la police des Hlm parce qu’elle est à notre disposition. Mais il y a un problème d’effectif. On leur demande de veiller au respect du couvre-feu toute la nuit et le lendemain, il faut faire la même chose. C’est compliqué pour eux.

Comment allez-vous répartir les vivres alimentaires pour les populations vulnérables et subissant les effets du Covid-19 ?
Nous avons créé des comités de quartier qui sont composés du délégué de quartier, de l’imam du quartier, de la badiénou gox du quartier, de l’association des jeunes du quartier, des femmes et des personnes ressources. Voilà l’équipe qui va gérer ces vivres. Quand je recevrai ces vivres, sur la base d’un document, on va faire la répartition dans les quartiers. Ces quartiers eux-mêmes sont en train de faire le recensement maison par maison, famille par famille. En ce qui me concerne, je donnerai à tout le monde. Personne ne connaît mieux les familles du quartier que le délégué de quartier, l’imam, les jeunes… Si l’aide est destinée aux populations, cela ne doit pas poser problème. La répartition doit se faire en plein jour.

Quel est le nombre de ménages concernés pour recevoir ces vivres ?
Le nombre de ménages qu’on vous donne peut varier par rapport à la répartition qui se fera de la part de nos éléments sur le terrain. Ces derniers vont donner des résultats parce qu’ils connaissent ceux qui habitent ou non dans le quartier. Donc, si on n’est pas recensé par l’Etat, on peut le faire pour eux. Il faut éviter qu’il y ait double emploi. Nous sommes avec l’Etat et nous sommes sûrs que si l’organisation est maintenue comme nous le demande le président de la République, il n’y aura pas de problème.

L’Armée sera aussi déplo­yée pour la distribution des vivres d’urgence. Avez-vous pris cette donne en compte ?
Si l’Etat nous envoie des militaires, on va les intégrer dans le dispositif. Il n’y a pas de problème. Pour l’instant, on n’a pas pris en compte un militaire dans nos comités.

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