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Le coordonnateur de l’Apr de Netteboulou s’aligne sur les décisions du chef de l’Etat de laisser les Sénégalais «vivre avec le virus». Bakary Signaté n’a pas manqué de décocher quelques flèches sur l’opposition qui parle de «mauvaise gestion» de la pandémie. Mais il sollicite aussi l’audit des bourses familiales dans la commune de Tambacounda, dirigée par l’opposition.

Que pensez-vous de la réouverture des écoles annoncée pour le 2 juin ?
Sans être spécialiste des questions éducatives, encore moins de celles de la santé, je pense que la réouverture des écoles serait une bonne chose pour au moins trois raisons : D’abord, personne ne sait jusqu’à quand va durer cette pandémie. Ensuite, comme nous avons déjà investi les 2/3 de la durée de l’année scolaire, c’est-à-dire six mois sur neuf, le dernier trimestre me semble tout à fait gérable pour éviter une année blanche qui ne manquerait pas, elle non plus, de conséquences lourdes non seulement sur le système, mais aussi sur tous les acteurs de l’éducation. Enfin une troisième raison, corollaire de la première, tient surtout au fait que comme on ne connaît pas la durée de séjour du Covid-19 chez nous, il convient de développer une certaine résilience dans le sens de vivre avec le virus, comme le prône le président de la République, pour pouvoir réussir le sursaut. Cette option de retour à l’école sera très certainement encadrée par des mesures strictes qui, si elles sont observées, permettront de dompter ou, tout au moins, de cohabiter avec le Covid-19 sans trop de dommages et vaquer ainsi aux activités.

C’est sans doute l’annonce de l’ouverture des écoles qui a poussé les autres à demander la réouverture des marchés, des mosquées, entre autres…
Certainement et cela me semble logique. Toutefois, indépendamment des marchés, des mosquées et autres, ces mesures d’assouplissement se feront progressivement et devront être toujours encadrées avec la plus grande rigueur, condition essentielle pour l’autoriser. Il faut que tout cela soit bien préparé pour éviter que cela ait des conséquences fâcheuses.

Certains responsables de l’opposition accusent le pouvoir d’avoir très mal géré la pandémie. Que répondez-vous ?
Ces responsables de l’opposition qui parlent de mauvaise gestion sont bien dans leur rôle. Sauf que le moment n’est pas du tout indiqué pour des débats stériles du genre. Je rappelle que le Président Macky Sall avait donné à ceux-là qui pensent avoir des alternatives plus intéressantes l’occasion de les partager en les recevant au palais de la République. C’était le moment et l’endroit indiqués pour faire des propositions pertinentes allant en ce sens pour l’intérêt général. Que ceux qui se lancent dans un tel exercice sachent raison garder ! L’heure est à la conjugaison des efforts pour vaincre la maladie. C’est à cela qu’il faut se consacrer.

Quelles solutions proposez-vous pour une meilleure gestion de la crise ?
A mon humble avis, un plus grand respect par les populations des consignes et mesures édictées par les autorités sanitaires serait un grand pas dans la gestion de cette pandémie. En d’autres termes, la gravité de l’heure commande plus de discipline de la part de tout un chacun.

Que pensez-vous de l’après coronavirus ?
De mon point de vue, c’est bien maintenant qu’il faut réfléchir à l’après corona. De toutes les façons, une certitude s’impose : aucun pays ne sera épargné des conséquences de cette maladie. Le pays qui s’en sortira le mieux sera celui-là qui aura accepté aujourd’hui la pandémie comme telle et donc qui se débat avec méthode, discipline et rigueur pour pouvoir rebondir demain. C’est cela la résilience.

Que dites-vous de la campagne agricole dans ce contexte du coronavirus ?
La compagne agricole sera aussi impactée certainement, comme le transport aérien, le tourisme et d’autres secteurs. Mais il faut faire avec et prendre toutes les mesures qui siéent. La situation est plutôt une question d’ensemble qu’une saine analyse systémique qui permettra de dégager des pistes de solution, en particulier pour certains secteurs interdépendants.

1 000 milliards pour le Force-Covid-19. Pensez-vous que c’est suffisant ?
Je pense que l’annonce de 1 000 milliards de F Cfa par le Président Macky Sall est une très bonne chose qui rime bien avec guerre. Cette enveloppe ne pourra certainement pas régler tous les problèmes, mais elle a déjà le mérite d’apporter un soutien actif très significatif aux populations par le «père de la Nation». Aucun pays au monde n’a pu, jusqu’à date, juguler financièrement la question telle que vous la posez. Regardons un peu autour de nous pour faire la différence ! La prompte réaction du président de la République a été, à  cet effet, saluée par plusieurs acteurs de tous bords.

Le Comité de suivi du Force-Covid-19 a été beaucoup critiqué. Qu’en dites-vous ?
Pour ce qui est du Comité de suivi, je crois que c’est prématuré de le juger. Je préfère le faire aux résultats. Une mission lui a été assignée. Je pense qu’il est plus juste de rapporter les résultats au mandat, aux moyens dégagés et au processus pour se prononcer. Au demeurant, j’encourage le Général François Ndiaye et son équipe en leur rappelant qu’une telle mission n’est jamais facile et que c’est parce que c’est difficile que le chef de l’Etat est allé chercher un Général qui ne se plaît, en général, que dans des situations du genre.

Votre commune, peuplée d’agriculteurs, attend toujours l’aide alimentaire d’urgence. Quel appel faites-vous à Mansour Faye ?
A l’instar de toutes les autres communes du département de Tambacounda, les populations de Netteboulou attendent cette aide. Cependant, en tant qu’élu local et responsable politique, je suggère très respectueusement à Monsieur le ministre Mansour Faye de faire auditer les bourses familiales pour y apporter les correctifs nécessaires, car il y a chez nous des cas spéciaux. Certains qui ne sont pas dans le besoin ont 2, voire 3 membres de leur famille bénéficiaires, au moment où des handicapés à vie, des veuves ou autres indigents sont ignorés. Je ne sais pas comment l’identification avait été faite, mais il y a un gros problème. Prendre donc comme base une telle liste rend congénital le problème et c’est pourquoi une mission indépendante, probablement même un cabinet d’audit, devrait être commise pour faire la lumière sur cette question pour tout au moins dans la commune de Netteboulou.

N’est-ce pas pour cette raison que l’opposition parle de politisation de la distribution des vivres ? 
Je répète encore que l’opposition est bien dans son rôle, mais elle se trompe de moment pour donner de la pertinence à ses remarques ou critiques surtout que, de surcroît, notre commune est dirigée par l’opposition. Je suggère donc aux opposants, dans la situation actuelle, de choisir de se taire, comme d’ailleurs nombre d’entre eux le font pour être plus pertinents.

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