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Après une semaine de tournée politique dans le département de Vélingara, Habibou Sabaly a pu constater les difficultés de tous ordres que vivent ses concitoyens de la région de Kolda. Dans cet entretien, le responsable de l’Apr aborde aussi la vie du parti présidentiel qui, par en­droits, est en léthargie.

Vous venez de boucler une tournée politique dans les communes du département. Comment avez-vous trouvé les populations ?
Mon équipe et moi avons trouvé des populations qui vivent une angoisse existentielle provoquée par l’arrêt précoce des pluies qui a entraîné la perte de tout -ou partie- des productions n’ayant pas pu boucler leur cycle. Alors que, pour la plupart, elles se sont endettées auprès d’institutions de microfinance pour financer leur campagne. Comment payer ses dettes et nourrir la famille jusqu’aux prochaines récoltes ? C’est la grande question. Ces populations nous ont demandé de leur servir d’avocat auprès des plus hautes autorités du pays pour que des solutions soient trouvées à cette équation. Mais, je puis vous assurer que ce sont des populations qui restent optimistes, convaincues que l’Etat ne les laissera pas seules face à cette situation. En effet, elles comptent beaucoup sur les belles initiatives prises dans le domaine social et même sanitaire. Je veux nommer le programme de bourse de sécurité familiale qui a assuré les frais liés à la rentrée des classes, mais aussi la Couverture maladie universelle. Aujourd’hui, plusieurs milliers de ménages pauvres se soignent aux frais de l’Etat dans le département de Kolda.

Quels sont les autres problèmes que rencontrent ces populations ?
D’abord dans le domaine de la Santé, il y a plusieurs postes de santé qui n’ont pas de personnel soignant. C’est le cas à Dialadiang et Payoungou vers la frontière guinéenne. C’est aussi la même situation à Doubirou (commune de Kandia) où ce sont les communautés qui ont construit les locaux, en attendant que l’Etat leur affecte un personnel. Dans le domaine de l’Education, plusieurs collèges et lycées sont en réalité des abris provisoires. A Pakour, Diaobé, Dinguiraye… L’Etat doit accélérer le programme de résorption des abris provisoires. Beaucoup de femmes nous ont dit qu’elles entendent parler de financement, mais sans jamais en bénéficier. Il y a aussi la question de l’électrification rurale et celle du cantonnement militaire dont elles souhaitent le retour à Wassadou. C’est dire donc que les problèmes sont nombreux.

Sur le plan politique, comment avez-vous trouvé la vie du parti dans les localités visitées ?
J’ai visité 9 communes que sont Sinthiang Coundara, Kandia, Kandiaye, Saré Coly Sallé, Diaobé, Wassadou, Pakour, Paroumba et Linkéring. Dans ces localités, il faut dire avec franchise que la vitalité du parti est faible. C’est pratiquement la léthargie. Dans certaines communes les responsables sont divisées, donc des problèmes de coordination forcément. Un déficit en information des militants à la base relativement à la politique du Gouvernement, à ses activités et à ses ambitions pour le département et pour le monde rural sénégalais. Nous avons profité des différentes tribunes pour remercier les populations pour leur mobilisation à l’occasion du référendum dernier, mais aussi les encourager à se rendre dans les commissions pour l’obtention des nouvelles cartes d’identité biométriques et d’électeur. Nous les avons appelées à se mobiliser pour donner au Président Macky Sall une majorité parlementaire aux Législatives de 2017, mais aussi pour le réélire en 2019. Je rappelle en ce sens que nous avons joué la médiation entre responsables de Paroumba et de Wassadou qui, par la grâce de Dieu, ont accepté de fumer le calumet de la paix.

Vos efforts dans l’animation du parti ne semblent pas avoir été récompensés. Vous n’en êtes pas déçu ?
Non. Il n’y a pas de place au découragement pour un responsable conscient et informé des réalisations et des perspectives du régime dans tous les domaines. Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort pour travailler dans le sens de soutenir la politique du Président Macky, travailler à la massification par la conscientisation et la sensibilisation des masses. C’est ce qui m’a amené à créer l’Alliance pour la réélection du Président Macky Sall (Arema). Un mouvement qui ambitionne de ratisser large au-delà de l’Apr et de la coalition Benno bokk yaakaar.

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