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Léonce Nzally minimise l’ampleur du vent de contestation qui souffle ces derniers temps au Sénégal. Le président de «Niéta», un mouvement politique ayant pignon sur Tanaff, commune du centre-est du département de Goudomp, et qui est partisan du régime du Président Macky Sall, tient plutôt un discours rassurant. Le Directeur de l’administration générale et de l’équipement (Dage) du ministère de la Culture et de la communication a été accroché en marge de la finale de l’Orcav de Sédhiou dont il est le parrain.

Quels sont le sens et les ambitions du mouvement «Nieta» ?
«Niéta» signifie en mandinka «progressons ensemble». C’est un nouveau mouvement constitué uniquement de jeunes qui n’avaient milité dans aucun parti politique et qui, à un moment donné, se sont rendu compte de certaines difficultés dans leur localité et qui, de manière unanime, ont décidé de s’engager en politique. L’objectif est de relever les défis de notre localité.

Les élections locales se profilent à l’horizon. Com­ment comptez-vous y aller ?
Nous avons battu campagne avec la mouvance présidentielle lors de la dernière Présidentielle. On compte bien continuer ce compagnonnage. On entretient de bonnes relations politiques. Nous avons opté d’accompagner la mouvance présidentielle, mais nous entretenons de très bonnes relations également avec ceux de l’opposition. Nous avons compris que nous sommes avant tout des frères d’une même localité.

Vous êtes l’un des rares jeunes du département de Goudomp à bénéficier d’une nomination sous l’actuel régime. Qu’est-ce qui a le plus pesé sur la balance ?
C’est la consécration d’un homme de l’Administration. Je suis un sortant de l’Ecole nationale de l’administration (Ena). C’est sur la base de cela et de la confiance des autorités qui ont tenu compte de mes compétences administratives et de mes relations et rapports politiques avec des autorités de la région, en l’occurrence le ministre de la Culture et de la communication.

L’absence d’infrastructures sportives et culturelles est dénoncée dans votre localité. Quelle réponse allez-vous servir à la jeunesse qui a porté son choix sur vous pour parrainer cette finale régionale de football ?
D’abord, je dois préciser que ce choix qui n’est pas fortuit honore tous ces braves jeunes de Tanaff. S’agissant du déficit d’infrastructures, c’est un mal dont nous avons hérité. Ce n’est pas un cas nouveau au niveau de la région. Heureusement que le Président a pris des engagements qu’il est en train de réaliser. Nous avons l’espoir que dans un avenir proche, ce sera un vieux souvenir. Toutes ces infrastructures seront réalisées compte tenu aussi du potentiel culturel que nous avons dans la région de Sédhiou. Je pense que, quelque part, les gens ont eu l’habitude de témoigner que chaque fois qu’on organise des manifestations culturelles nationales, Sédhiou fait partie des régions qui remportent le palme d’or. Donc, je pense que le message est bien compris par ces autorités. Ce n’est pas un hasard qu’on ait choisi un fils de la région de Sédhiou comme ministre de la Culture et de la communication. C’est un cri du cœur qui est partagé par la jeunesse de la région de Sédhiou. Ça sera bientôt un mauvais souvenir. Il y a présentement des efforts qui sont en train d’être faits.
Les projets de construction du stade municipal et régional de Sédhiou sont engagés pour changer la donne. Le ministre des Infrastructures ne cesse de dire partout qu’il va réaliser des infrastructures pour le compte des jeunes du département de Goudomp. Nous avions lancé ce cri du cœur partout et ce n’est pas tombé dans l’oreille de sourds. Le gouvernement, et pas seulement à Goudomp, est en train de faire des efforts pour la jeunesse. On fera partie des communes qui bénéficieront de ces infrastructures.

Votre mouvement a réussi à mettre à la disposition des populations une ambulance. Peut-on s’attendre à d’autres actions sociales de ce genre dans d’autres do­maines ?
L’ambulance est une doléance de toutes les populations de la commune de Tanaff. L’infirmier chef de poste nous disait que le poste de santé reçoit 700 patients par mois. C’est sur la base de cela que nous avions formulé une doléance le 1er juin 2015 à l’endroit de l’Ong Sos Handicap qui nous a heureusement gratifiés de cette ambulance qu’on a bien voulu remettre au poste de santé. On souhaite d’ailleurs que ce poste, vu la forte demande, soit érigé en centre de santé.

Le foisonnement des abris provisoires ternit l’image du secteur de l’éducation à Tanaff où 20 des 27 salles physiques du lycée sont des abris provisoires…
Il n’y a pas de mal à cela. C’est une situation nationale pour laquelle les autorités sont en train de prendre des dispositions pour la résoudre. J’ai récemment échangé avec le Dage du ministère de l’Education nationale qui est par ailleurs un collègue et un ami de la même promotion de l’Ena. Je le taquinais en lui disant : «Il faut penser à notre localité.» Séance tenante, il a interrogé ses collaborateurs. Ces derniers ont confirmé que pour ce qui concerne le lycée de Tanaff, il a été bien pris en compte cette année et nous faisons partie du lot 4. C’est vous dire que les autorités sont bien conscientes de cette affaire, et que d’ici peu ça sera réalisé.

L’actualité nationale est mar­quée par l’ébullition du front social. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?
Je ne pense pas qu’il y ait ébullition du front social. Il est très normal que les citoyens manifestent quelque part leur mécontentement, mais ce n’est pas une ébullition du front social. On n’est pas à ce stade. C’est un petit nombre qui manifeste. On ne peut pas satisfaire tout le monde, mais en réalité le gouvernement est bien conscient des préoccupations des populations et apporte des solutions. C’est l’essentiel.

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