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Malick Fall entend se poser en défenseur du Peuple et, particulièrement de son département. Le député-maire de Diourbel estime, en effet, que tout est priorité dans ce département.

Décrivez-nous votre 1er jour à l’Assemblée ?
La première impression que j’ai eue, c’est que l’Assemblée nationale, de loin, est très différente de ce qu’on voit à l’intérieur. L’Assemblée nationale que l’on pensait être très grande est en vérité très petite. Il y a aussi la solennité des lieux qui frappe. J’ai mesuré ce jour la nouvelle responsabilité qui pèse sur moi avec la confiance renouvelée des populations de Diourbel qui m’ont choisi comme étant leur voix et leur représentant pendant les cinq années à venir. Je me suis dit que je ne dois jamais décevoir ces populations. C’est la raison pour laquelle je ne ménagerai aucun effort pour défendre les intérêts des Diourbellois. Pour moi, c’est un sacerdoce de les défendre afin qu’à l’heure du bilan, Diourbel ne soit pas oublié. Je n’ai aucune excuse. A ce titre, je vais bien représenter Diourbel afin qu’il sente qu’il a un digne défenseur.

Avez-vous assisté au débat d’orientation budgétaire ?
Malheureusement, le débat d’orientation s’est fait avant que la nouvelle Assemblée ne soit installée. Il a eu lieu au mois de juin. Nous, les députés de la 13ème législature, notre travail consiste à examiner le budget, à travailler dans les commis­sions et à voter le budget lors des plénières. Ce sont les députés sortants qui ont assisté aux débats d’orientation budgétaire. D’ailleurs, ce sont les seuls moments où les députés ont la possibilité de poser sur la table les doléances de leur localité. Mais nous allons essayer de corriger ces manquements et revendiquer pour notre département là où nous pensons que Diourbel a été oublié. Je suis vice-président de la commission Habitat.

Vous avez reçu le projet de budget et vous avez dix jours pour travailler là-dessus ?
Lorsque j’ai reçu le projet de budget, je suis allé le présenter à mes conseillers. J’ai aussi requis l’avis de certains techniciens, des populations et des experts qui pourront m’aider. D’ailleurs, je n’hésiterais pas à me rapprocher des chefs de service départementaux et du préfet afin qu’ils m’aident à comprendre le projet de budget et à le défendre parce que je ne suis pas disposé à voter tout ce qu’on me présente.

Quelles sont, pour vous, les priorités de vos mandants ?
Tout est priorité pour ce département qui est très en retard. Il y a un manque criant d’infrastructures. Diourbel était un grand corps malade sans soins. Ce département était oublié. Touba était presque la localité où les investissements se faisaient. Elle raflait tout. Les régimes précédents ne faisaient pas le distinguo. L’actuel régime est en train de corriger avec les infrastructures nouvelles comme l’hôtel cinq étoiles pour un coût de 2,3 milliards afin que le tourisme religieux et l’artisanat soient bien cotés. La commune de Diourbel souffrait beaucoup sur le plan sanitaire, de l’éducation, etc.

Vous êtes le maire de la commune, quel est votre bilan à mi-parcours ?
Diourbel voulait un maire résident et nous avons pu, en trois années, changé beaucoup de choses. Nous avons tout dernièrement investi 90 millions dans le secteur de la santé, 82 millions représentant les salaires des agents de la santé. Pour le volet éducation, aucune école ne paie désormais l’eau et l’électricité dans la commune. Au niveau de la gare routière, il n’y a plus d’inondations. Le marché a été carrelé. Nous avons investi dans le capital humain en octroyant 300 bourses à des étudiants. Tou­jours pour la prise en charge des étudiants, nous avons pris en location, avec l’appui de madame Aminata Tall, des appartements pour les loger. Cette année aussi, un nouvel appartement a été pris pour un montant mensuel de 160 mille. J’ai décidé que mon salaire de député sera divisé en deux parties : une pour les étudiants et une autre pour une association humanitaire qui aide les défavorisés. Pour moi, un député doit être au service exclusif de ses mandants. La fonction de député, ce n’est pour chercher de l’argent. Le député doit à mon avis se sacrifier parce qu’il faut rendre au Peuple ce qu’il vous a donné. La ville en général et la grande mosquée en particulier étaient mal éclairées lorsque nous prenions les rênes de cette commune. Maintenant, vous voyez que cela a changé. Le transport urbain se modernise. Avant-hier (mardi), j’étais très content en voyant les élèves du lycée d’enseignement général descendre des bus Tata. Au­jour­d’hui, avec le programme d’assainissement de 400 millions, le marché Ndoumbé Diop, naguère en proie à des inondations, ne l’est plus. Les commerçants restaient six mois sans activité. Il y a aussi le parc d’attraction en face de la mairie avec un financement de l’Etat de 1 milliard de francs. Nos enfants ne vont plus partir à Kaolack pour observer le «Cœur de Kaolack». Nous avons aussi 11, 8 kilomètres de routes bitumées. Henan Chine a gagné le marché du bitumage et la ville va changer de visage. Nous avons aussi construit deux cases de santé à Ngouye et Mbakhane ; ce qui va impacter positivement la prise en charge médicale de ces populations qui habitent la périphérie de la commune. Les femmes n’auront plus de problème. Nous luttons avec ces structures contre les accouchements à domicile.

Où est-ce-que la mairie tire ses recettes surtout que le marché, le principal pour­voyeur, a connu un incendie macabre ?
L’Etat s’est engagé à reconstruire le marché pour un coût global de 500 millions. L’entre­preneur est choisi, les procédures de passation de marché sont terminées et le marché sera construit au plus tard dans deux mois. Ce sera un R+1. Je voudrais demander aux populations de changer de comportement. C’est vrai que c’est la volonté divine mais là où il devait y avoir des bouches d’incendie, des lieux de passage des sapeurs-pompiers a été occupé. Il faut que les artères soient ouvertes et que les bouches d’incendie puissent exister. Le président de la République a promis d’aider les victimes de l’incendie. Cet incendie au marché Ndoumbé Diop a eu des répercussions négatives sur le recouvrement du budget parce que c’est là où l’essentiel des recettes était pris. Surtout que l’immigration connaît des difficultés. L’autre source de revenus c’était la gare routière, mais avec l’avènement des véhicules dénommés «Allo Dakar», les taxes ne sont plus payées. La gare routière meurt de sa belle mort parce qu’aussi les usagers préfèrent aller en dehors de la ville attendre les véhicules en provenance de Touba. Les populations doivent aussi payer les taxes avant de revendiquer leurs droits. Il faut que la culture de participation au budget soit une réalité. Nous sommes, depuis six mois, sans carburant au niveau de la mairie. Depuis mai, le payeur ne peut pas payer le carburant de fonctionnement. Je fais de mon mieux pour que les ordures ménagères soient enlevées. Je demande l’appui de tous pour qu’ensemble, nous puissions changer le visage de Diourbel. Je remercie le chef de l’Etat qui, lorsqu’il m’a reçu en audience, avait promis de m’appuyer pour que je puisse présenter un bilan. J’avoue qu’il respecte ses engagements. Avec lui, le retard de Diourbel sera comblé. D’ailleurs, le Théâtre de verdure sera érigé en R+1. Depuis Legrand, je crois que ce que le Président Macky Sall a fait avec moi, personne ne l’a encore fait. Je suis en alliance avec Macky Sall parce que c’est lui qui m’aide à changer le visage de la ville.

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