PARTAGER

Le président de la Convention citoyenne/Neneen trouve l’appel à témoins lancé par le procureur de la République normal. Mamadou Guèye, qui est membre de la mouvance présidentielle, invite les Sénégalais à faire confiance à la justice dans cette affaire Petro Tim dans laquelle Aliou Sall est cité. Cet entretien a été réalisé avant la démission du frère du Président de la Caisse des dépôts et consignations hier.

Quelle est votre position sur le supposé scandale autour de la gestion du pétrole dans lequel Aliou Sall est cité ?
L’affaire du pétrole intéresse tous les Sénégalais, y compris notre coalition. Les Sénégalais se posent légitimement des questions auxquelles il faudra apporter des réponses. La première réponse pertinente a été apportée, c’est-à-dire l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire la lumière sur cette affaire comme le veut le procureur de la Répu­blique.
Justement, est-ce que cet appel à témoins lancé par le procureur vous rassure ?
C’est une démarche qui, sur le plan juridique, se conçoit. Le procureur connaît les procédures. Je crois  que si des gens portent des accusations et affirment détenir des preuves, c’est l’occasion de les fournir. A notre avis, nous devons faire confiance en notre justice et la laisser faire son travail. Toutes les personnes citées, de quelque bord qu’elles puissent être, doivent être entendues pour qu’à l’issue de la procédure, tout le monde soit édifié sur ce qui a été fait. Les fautes seront établies par l’enquête, si fautes il y a bien sûr. Et le cas échéant, les responsabilités seront situées et des sanctions prises.
L’opposition brandit en tout cas le rapport de l’Ige pour établir une forte présomption de corruption après le reportage de la Bbc sur la gestion du pétrole au Sénégal. Qu’en dites-vous ?
Le dossier est entre les mains de la justice. C’est l’occasion d’éclairer la lanterne des Sénégalais, y compris sur les dysfonctionnements administratifs constatés. En l’état actuel des informations que nous détenons, Aliou Sall était lié par un contrat de travail à Frank Timis. A mon avis, en tant que praticien du droit et quelqu’un qui se trouve à un certain niveau de responsabilité, je sais que les niveaux de salaire avancés ne sont pas exagérés. A ce niveau de responsabilité, 25 mille dollars par mois, ce n’est pas exorbitant. Je ne vois pas, d’un point de vue principiel, ce qu’on peut reprocher à Aliou Sall sur cette question. Il a fait des affirmations, d’autres ont dit le contraire. Il faut appeler à la sérénité et rappeler que nul n’a intérêt à ce que le pays brûle. De la même manière, personne ne pourra étouffer la vérité où qu’elle puisse se trouver. Cependant, la présomption d’innocence doit pousser tout le monde à plus de réserve et de retenue. En attendant, le dialogue national nous donne l’occasion de discuter. Allons-y pour poser les questions les plus fâcheuses et exigeons les réponses les plus sérieuses. L’Etat ne peut pas tout mettre sur la place publique. Le dialogue peut servir de cadre de discussion pour aider à résoudre la question du pétrole.
Quelle lecture faites-vous de la déclaration de El Hamidou Kassé qui contredit celle de Aliou Sall ?
Je pense qu’à ce niveau, la communication doit être mieux harmonisée. Mais encore une fois, l’enquête qui doit être ouverte à tout le monde permettra de situer les responsabilités.
Qu’une entreprise pétrolière paye une consultation en matière agricole, comme le dit M. Kassé, cela ne fait-il pas désordre ?
Absolument pas ! Je ne connais pas les clauses qui lient les deux entités, mais une entreprise pétrolière peut bien, dans le cadre de sa Responsabilité sociétale d’entreprise, promouvoir la plantation d’arbres pour compenser les effets polluants de l’exploitation pétrolière.
Comment jugez-vous l’évolution de votre parti Convention cito­yen­ne/Ne­neen ?
Le parti se porte bien. Il est dans une grande coalition qui a eu à gagner la dernière élection avec brio. Nous sommes en train de préparer les élections locales à venir. Nous sommes dans une coalition où il y a une certaine solidarité qui doit prévaloir. Le moment venu, nous choisirons dans cette coalition le meilleur candidat pour les différentes communes. Nous avons notre parti politique qui, en dehors de la coalition, vit bien. Nous tenons nos réunions, nous nous déplo­yons sur le terrain, mais quand il s’agira d’élection, nous déciderons en intelligence avec la coalition.

ambodji@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here