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Mbaye Diakhaté est convaincu que le report des élections locales n’est bénéfique ni pour l’opposition ni pour le pouvoir. Ce responsable communale du Pds invite l’opposition à s’arrêter et réfléchir davantage sur son futur. Mais aussi son parti à avoir «le courage d’accepter la situation qu’il est en train de traverser».

Quelle lecture faites-vous de la situation politique du pays ?
Nous sommes face à une situation assez confuse pour les hommes politiques dans un contexte de dialogue. Les partis politiques étaient invités à discuter sur beaucoup de points comme, entre autres, le processus électoral, le statut de l’opposition. Malheureusement, cela a accouché d’une souris parce que le gouvernement a profité de ces concertations pour repousser les élections municipales et départementales en 2021. Une situation qui casse beaucoup la dynamique de dialogue qui prévalait. Il y a aussi l’éclatement des grands partis, ce qui crée une situation assez désolante sur laquelle les acteurs politiques doivent s’arrêter et réfléchir davantage. Je pense que dans le contexte actuel, on reconnaît ceux qui gouvernent, mais l’opposition est assez déchirée. On va aller vers la reconstitution de l’échiquier politique et, peut-être, avec une opposition assez forte et significative.

Ce report des Locales profite-t-il à l’opposition ou au pouvoir ?
Il n’est bénéfique pour personne parce que c’est une rupture du processus électoral. Les conseillers ont été élus pour 5 ans. Pour le régime et pour l’opposition, ce report constitue un recul démocratique parce que le respect du calendrier électoral fait partie du respect démocratique. Donc, je pense que personne ne gagne en cela. Ce sont des choses qu’il faut éviter parce qu’il y a des conséquences économiques et sociales sans compter le fait qu’il y ait un pas en arrière sur la consolidation de notre démocratie.

Le Parti démocratique est en léthargie. Qu’est-ce qui explique cette situation ?
Pas en léthargie, mais en mouvement. Peut-être c’est son mouvement qui fait que d’autres qui l’attendaient dans un autre angle y trouvent de la léthargie. C’est un parti qui est en train de faire sa mue, de bouger, de changer et de devenir ce qu’il doit être pour demain. C’est une situation extrêmement délicate que traversent la plupart des grands partis de ce pays. Quand on atteint son apogée, on descend. C’est tout à fait normal. En chute libre ! Pourra-t-il s’arrêter pour réfléchir et remonter ? Ou va-t-il aller dans la gauche ? Ça aussi c’est une autre question. Il faut que le Parti démocratique sénégalais ait le courage d’accepter la situation qu’il est en train de traverser et de donner les orientations nécessaires pour relever la tête.

Croyez-vous aux retrouvailles libérales ?
C’est une farce. C’est quelque chose qu’on aurait dû faire en 2012. Cela ne peut plus être des retrouvailles sérieuses, mais plutôt une quête d’intérêts personnels sur le dos du Peuple. Abdoulaye Wade avait dit que la famille libérale pourrait gouverner ce pays pendant 50 ans. Et c’était vraiment une réalité, mais il fallait saisir cette perche qui est l’accession de l’Alliance pour la République (Apr) au pouvoir en réfléchissant sur cette possibilité. En effet, 70% des membres de l’opposition actuelle sont des Libéraux. Est-ce possible qu’ils se retrouvent ? Je ne le pense pas.
Comment se porte le Pds à Diourbel ?
Il est malade. Il faut le reconnaître parce qu’on est allé vers une recomposition du parti sans tenir compte de la base. Donc, la base est là en sanglots.
Que pensez-vous de la proposition de Serigne Mbacké Ndiaye consistant à ramener le mandat présidentiel de 5 à 7 ans ?
Ce sont des petits farceurs. Je m’excuse du terme, mais il faut qu’on respecte les Sénégalais. Quand on ramenait le mandat à cinq ans, il avait voté pour. Je pense qu’il dit cela juste pour divertir le Peuple.

Vous êtes adjoint au maire de Diourbel. C’est souvent l’Etat qui investit plus que la mairie. Qu’est-ce qui explique cela ?
Cela a une explication très facile. Une commune comme Diourbel est grande de taille, mais fait partie des plus mal loties en matière de ressources, de recouvrement de taxes fiscales. Je pense que c’est un man­que de volonté politique, il faut l’avouer. En 2020, il y aura sûrement des avancées avec le Pacasen qui est un programme assez ambitieux de l’Etat et qui nous impose d’avoir un budget beaucoup plus sincère en allant vers une fiscalité locale rénovée.

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