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Le Directeur exécutif de l’Ong 3D dit se retrouver dans le message à la Nation du chef de l’Etat. Mondiaye Cissé approuve les «fortes» mesures sociales et économiques annoncées pour lutter contre le Covid-19 et ses impacts. S’il se réjouit de l’implication de la Société civile dans le comité de pilotage du fonds, M. Ndiaye salue également les audiences accordées par le Président Sall aux différentes couches de la société qui sont, à ses yeux, un «dialogue national bis».

Quelle lecture faites-vous du message à la Nation du chef de l’Etat ?
Je pense que le président de la République a fait un discours responsable dépouillé de tout parfum politicien. Un discours à la hauteur des attentes des populations parce que rassurant. Je veux citer le renforcement du système sanitaire avec plus de 64 milliards, les factures d’eau et d’électricité qui ne seront pas payées pour ce bimestre, la distribution d’aides alimentaires à hauteur de 69 milliards, les mesures fiscales en faveur des entreprises pour les encourager à préserver beaucoup d’emplois… Globale­ment, le chef de l’Etat a annoncé des mesures fortes qui peuvent contribuer à prendre en charge les impacts du Covid-19 et à soulager les communautés. On ne demandait que ça.

Que dites-vous de la mise en place d’un comité de pilotage pour la gestion du fonds de Force Covid-19 ?
C’était une préoccupation de la Société civile pour prévenir toute contestation qui pourrait naître durant la période post Covid-19. Il est heureux d’entendre que ce comité de pilotage chargé de superviser la gestion du fonds est ouvert à l’Assemblée nationale, toutes sensibilités confondues, donc y compris l’opposition parlementaire, mais aussi la Société civile. C’est une initiative salutaire parce que notre préoccupation était cette double équation de gérer avec diligence, les préoccupations des populations mais en prenant en compte les exigences de bonne gouvernance. Nous savons déjà que ces dépenses liées au Covid-19 ne seront pas soumises au Code des marchés publics, ce qui est normal. Mais cela n’exclut pas un mécanisme de supervision et de reddition des comptes.

A votre avis, est-ce que le Dialogue national a contribué à faciliter cette dynamique inclusive autour de la lutte contre le Covid-19 ?
Je crois même que ces audiences accordées par le chef de l’Etat à toutes les couches de la Nation pour lutter contre le Covid-19 ont été une sorte de dialogue national bis. Je pense d’ailleurs qu’il faut instituer des consultations de ce genre à la veille de chaque fête de l’indépendance du Sénégal parce que nous avons vu qu’à travers ce discours-là, les Sénégalais se retrouvent. C’est bien pour un président de République d’avoir des conseillers mais ce serait aussi bien de consulter souvent les forces vives de la Nation comme il a eu à le faire à la veille de son discours pour prendre des décisions qui agréent tout le monde. En écoutant et consultant son Peuple, tout Président peut parvenir à faire adhérer à sa cause l’ensemble des forces vives de la Nation. Le chef de l’Etat a écouté des mouvements citoyens, comme Y’en a marre qui avait plaidé pour la gratuité des factures d’eau et d’électricité. Il nous a écoutés en tant que Société civile sur cette préoccupation de bonne gouvernance, mais aussi le secteur privé qui avait besoin de soutien. C’est comme ça qu’on doit gérer un pays.

S’il devrait y avoir un bémol dans ce message à la Nation, quel serait-il ?
Je crois que le seul secteur qui ne semble pas avoir été pris en compte dans son discours, c’est celui de l’agriculture. Je n’ai pas entendu des mesures dans ce sens alors qu’on doit également prévenir la famine pour la période post Covid-19. Aujourd’hui il est clair que nous sommes dans une politique de consommation qui consiste à prendre en charge les difficultés du moment. Mais il faut aussi dès à présent commencer à penser à l’accumulation en anticipant sur des situations dramatiques qui risquent de se produire après le Covid-19. N’oublions pas que les pays dont on dépend en vivres sont en difficulté et, par conséquent, on pourrait être confrontés à un problème de disponibilité de certaines denrées. Voilà pourquoi il faudrait penser au secteur agricole pour prévenir la famine, la malnutrition, etc.

La Société civile devrait-elle être impliquée dans la distribution des vivres pour plus de transparence ?
Le Président a insisté sur la nécessité de réunir les conditions d’inclusion et de transparence en mettant en place au niveau national un comité de pilotage. De même, au niveau décentralisé, on devrait impliquer la Société civile dans la supervision de la distribution des vivres. Cela ne ferait que crédibiliser davantage le système de distribution de l’aide alimentaire et éviter les suspicions.

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