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Au-delà de la polémique autour des marchés de la distribution et du convoyage du riz, certains responsables du pouvoir sont accusés de favoriser leurs camarades. Mais pour le coordonnateur de la Convergence des jeunesses républicaines (Cojer), «le seul parti politique, c’est le Sénégal et le seul militant, c’est le Sénéga­lais». Moussa Sow trouve aussi le plan de riposte contre le Covid-19 «cohérent» et «con­forme» à nos réalités.

Comment jugez-vous les mesures prises par l’Etat pour vaincre le Covid-19 ?
D’emblée, reconnaissons ensemble que cette pandémie a bouleversé l’équilibre socio-économique du monde. Presque tous les Etats sont touchés de plein fouet. La solution réside dans la gestion de cette crise. Au Sénégal, avant même la confirmation du premier cas, le Président Macky Sall avait déjà pris des mesures importantes en matière de veille par le biais de la prévention. Vous verrez que les solutions prises sont graduelles en fonction de l’évolution de la pandémie. Pour éviter une crise économique qui découlerait de cette crise sanitaire inédite, le fonds de riposte Covid-19 a été mis en place pour répondre aux attentes des couches sociales et des acteurs économiques de notre pays.

Que pensez-vous de la polémique née de la distribution des vivres alimentaires ?
D’abord, il faut magnifier la magnanimité du Président Macky Sall qui a mis gracieusement à la disposition des populations sénégalaises, des denrées de première nécessité pour les soulager en cette période très difficile. C’est une enveloppe de 69 milliards qui est dégagée pour toucher plus du million de ménages sur toute l’étendue du territoire national. Vous savez, cette polémique est allègrement entretenue par des individus qui ne pensent qu’aux scandales alors que notre pays a plus besoin de cohésion et de solidarité.

Ne pensez-vous pas que cette polémique pouvait être évitée si le gouvernement avait procédé à des allocations financières via les services de transfert d’argent à la place de la distribution des denrées ?
Vous insistez sur cette polémique qui s’est rapidement estompée car la gestion de la pandémie est inclusive. D’ailleurs, le président de la République a mis les formes dans la prise de décision en consultant toutes les forces vives de la Nation pour qu’un consensus fort puisse se dégager. Mieux, le comité de suivi du Force Covid-19 a été installé et a démarré ses activités. C’est l’occasion pour moi de féliciter le colonel François Ndiaye qui en est le président. A mon sens, le transfert d’argent n’est pas simple, car tout le monde n’a pas de téléphone portable et il n’est pas non plus prudent de mettre l’argent destiné à tout un ménage dans le téléphone de quelqu’un dont on ignore le comportement. On ne trouve pas également des points de transfert partout. Donc, ce sont des paramètres compliqués alors que la population attend avec impatience un soutien social de la part de l’Etat. Le plan de riposte est cohérent et correspond effectivement à nos réalités socio-économiques et surtout sanitaires. Je vous ai indiqué que ce plan est graduel et des mesures supplémentaires seront prises en cas de besoin.

En se basant sur les statistiques de l’Ansd, le Sénégal compte 47% de pauvres. N’y a-t-il pas risque d’exclure de la distribution des vivres une importante frange de la population frappée par la pauvreté à cause du Covid-19 ?
Ce qui est clair, évident et constant, c’est que le chef de l’Etat, en bon père de famille, n’abandonnera personne comme il l’a assuré dans ses différents messages. A ces statistiques, je vous oppose celles du million de ménages touchés. Si nous faisons un calcul basique, un ménage sénégalais compte au moins 8 à 10 personnes. Pour un million de ménages, nous aurons près de 10 millions de Sénégalais touchés alors que notre population fait près de 15 millions d’habitants. Recon­naissez avec moi que nous aurons plus de 70% de Sénégalais qui vont bénéficier de ce concours de l’Etat.

Certains reprochent à votre parti de favoriser des militants de votre parti dans la distribution des vivres alimentaires. Que répondez-vous ?
Il est important d’éviter des confusions en cette période de pandémie. Aujourd’hui, le seul parti politique qui existe, c’est le parti du Sénégal. Le seul militant, c’est le Sénégalais. Je vous ai dit tantôt que les mesures du plan de riposte sont inclusives et consensuelles. D’ailleurs, c’est le Registre national unique (Rnu) qui est utilisé sous la supervision des autorités administratives. Pour chaque commune, un comité de gestion et de suivi est mis en place pour toucher le maximum de Sénégalais. Il peut arriver que les nécessiteux dépassent le nombre d’inscrits dans une commune, c’est la raison pour laquelle nous avons un registre évolutif car la précarité causée par le Covid-19 a touché d’autres personnes qui, en temps normal, n’avaient pas besoin de cette aide. Maintenant, j’invite les hommes politiques et les acteurs économiques à accompagner les populations de leurs communes respectives et à les soulager davantage.

En tant que coordonnateur de la Cojer, que faites-vous pour combattre Covid-19 qui est en train de faire de la résistance avec ses nombreux cas issus de la transmission communautaire ?
Dès le début, nous avons mis en place une Brigade d’information et de sensibilisation (Bis) dans différents quartiers. Mieux encore, nous avons mis à la disposition des populations des produits antiseptiques pour se prémunir de cette pandémie. C’est l’occasion pour moi de féliciter toute la jeunesse, le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, et l’ensemble de ses équipes pour le travail remarquable qu’ils effectuent. Continuons à être vigilants en respectant toutes les directives de nos autorités sanitaires.

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