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Que sont devenus Taxaw temm et son candidat à la Présidentielle de 2012, Ibrahima Fall ? Est-il un mouvement ou un parti ? Son coordonnateur, Bouba Diop, répond dans cet entretien et charge le régime du Président Macky Sall.

Taxaw Temm est un mouvement ou un parti politique ?
C’est une très bonne question. Après les élections, on a déposé au ministère de l’Intérieur pour avoir un récépissé de parti. Certains ont dit qu’il fallait être un mouvement, d’autres optaient pour un parti politique. Jusqu’au moment où je vous parle, cela fait plus de 3 ans, le ministère ne nous a pas répondus. Ce n’est qu’en 2016 que nous avons compris les raisons. A titre officieux, le ministère nous a dit qu’il faut opter pour un parti ou un mouvement. Nous avons répliqué que ce n’est pas au ministère de nous déterminer la conduite à tenir. Ce qui est important, c’est que ces deux dynamiques vont converger. Nous sommes des citoyens qui veulent intervenir sur le plan politique. Cette situation ne nous gêne pas parce que lorsqu’on créait Taxaw temm, notre mission tournait autour de 4 «R» : «Regroupement des patriotes, Reconstruire l’Etat de droit, Rebâtir le Sénégal et ses valeurs et Redresser l’économie.» On est dans une dynamique de fusion avec les patriotes de ce pays. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes alliés avec le Yoonu askan-wi, le Rassemblement national démocratique. On est également membre de l’Initiative pour des élections démocratiques.

Et Ibrahima Fall, est-il toujours actif dans Taxaw temm ?
Oui. Vous savez, il a été dans le cadre d’une mission de l’Union africaine pour aider nos parents de la région des Grands Lacs. Il est rentré au Sénégal et se porte bien.

Comment analysez-vous le dialogue de sourds entre le pouvoir et l’opposition ?
C’est une situation délétère et complexe. Il faut faire très attention, car le Sénégal est reconnu comme un pays démocratique. Il y a eu des acquis importants parce que nos parents se sont battus. On a eu 2 alternances. Il faut tout faire pour renforcer cela. Mais ce qu’on voit aujourd’hui, ce sont des restrictions des libertés. Taxaw temm va se battre pour l’élargissement de la démocratie parce qu’on a pris part aux Assises nationales. Aujourd’hui, le Sénégal est mal en point. Le Président Macky Sall a été élu à 65%. Cependant, il ne doit pas restreindre les libertés démocratiques qui ont fait qu’il soit élu. L’arrêté Ousmane Ngom est un recul. Nous le contestions et on nous jetait des grenades lacrymogènes. Ce pouvoir ne peut pas nous faire accepter cet arrêté, ce n’est pas possible. Il faut permettre aux jeunes en âge de voter de pouvoir accomplir leur devoir citoyen. Le Président Macky Sall nous a reçus en décembre 2016 et a promis un certain nombre de choses. Rien n’a été respecté. On a l’impression qu’il a peur. Il a une peur bleue de la transparence des élections. Les Sénégalais avaient confiance parce qu’il avait dit qu’il allait faire 5 ans. Je suis convaincu que si Macky avait respecté cette promesse, il serait réélu en 2017. Maintenant, il a créé une situation telle que la Présidentielle de 2019 est très indécise.

Est-ce que vous pensez qu’en faisant des sit-in le pouvoir va reculer ?
On n’a pas d’autres choix que de protester. Est-ce que le pouvoir va reculer ? C’est à eux de voir. Ce pays a une histoire et ceux qui dirigent ont une lecture. Si vous êtes au pouvoir, il ne faut pas avoir peur qu’on vous dise que des choses ne vont pas bien. Quand on dirige, on doit être au-dessus de la mêlée pour permettre aux uns et aux autres de se retrouver. Le problème est que nous avons un Président partisan. Il dirige le pays et est chef de parti. C’est le cas avec l’actuel ministre de l’Intérieur qui est membre de l’Apr. Le Sénégal sera en paix le jour où le président de la République va jouer le rôle de médiateur. On ne peut pas être juge et parti. Ce n’est pas logique.

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