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Touradou Sow ne s’explique pas le départ de Amadou Ba du ministère de l’Economie, des finances et du plan. Le leader d’And defar Parcelles Assainies révèle d’ailleurs que le fief de son leader exige des explications du Président Macky Sall.

Comment avez-vous accueilli le départ de votre leader Amadou Ba du ministère de l’Economie, des finances et du plan ?
Au niveau des Parcelles Assainies, nous avons fourni un travail de terrain très important. Et dans le cadre de notre mouvement, cela fait trois ans que nous travaillons pour la réélection du Président Macky Sall. Nous avons accompagné notre leader aux Parcelles Assainies, Amadou Ba, qui n’a ménagé aucun effort pour une victoire de Benno bokk yaakaar dans la commune, et à toutes les élections. C’est justement une logique qui s’est confirmée lors de la Présidentielle du 24 février dernier avec la réélection sans bavure du Président Macky Sall. J’avoue que nous sommes déçus de le voir quitter le ministère des Finances pour les Affaires étrangères. On s’attendait à ce qu’il soit maintenu et, mieux, qu’il soit renforcé après le travail qu’il a abattu. Les populations des Parcelles Assainies continuent encore de s’interroger sur les raisons du départ de Amadou Ba des Finances.
Pensez-vous que ce changement de ministère est une sorte de sanction contre votre leader qui aurait des ambitions de succéder au Président ?
Je ne crois pas à ce que l’on raconte. On ne sait pas, il y a des choses qui se passent qu’on ne maîtrise pas. On attendait qu’il y ait un retour à la base des responsables pour informer les populations. J’étais au poste de santé de l’Unité 8 des Parcelles Assainies pour féliciter les agents de la santé (Ndlr : l’entretien a eu lieu le 1er mai). Les populations nous posent des questions que nous ne pouvons pas répondre. Les Parcelles Assainies exigent des explications du Président Macky Sall. C’est quand même la commune la plus importante de la région de Dakar avec ses 95 mille électeurs. Et à ce titre, elle doit avoir des responsabilités dans la gestion de l’Etat. Aujourd’hui, les jeunes qui se sont battus depuis l’existence de l’Alliance pour la République et qui l’ont soutenu à toutes les élections n’ont pas été promus. Aucun de nos cadres n’est promu. Nous sommes déçus au regard de ce qui se passe. Il y a une expression de la population à la base qui inquiète. On s’attend qu’il y ait un retour pour la responsabilisation des gens. Je ne peux pas admettre que des gens soient des ministres pendant des années et qu’on les retrouve à des postes de directeur général alors qu’il y en a qui étaient là avant eux. On doit se départir de cette manière de faire.
Que pensez-vous de la suppression du poste de Premier ministre ?
Il y a eu une réforme en 2016 qui aurait pu intégrer tous ces changements. Aujourd’hui, on est pris de court. Maintenant, le président de la République a une démarche qui mérite d’être explicitée. Il a dit que c’est pour faciliter l’action gouvernementale, pour éliminer les goulots d’étranglement, c’est bien. On a mis à nu la vraie réalité de notre régime politique. On disait que c’est un régime politique qui tend vers le parlementarisme. Effective­ment, le président de la République définit la politique de la Nation. On parle de la motion de censure, du droit de dissolution du Président qui sont des mécanismes du parlementarisme. Si toutes ces techniques sont supprimées, on va vers un régime présidentiel fort.
Attendiez-vous que le président de la République change de discours pour briguer un 3ème mandat ?
Il ne faut surtout pas être surpris de voir le Président Macky Sall briguer un troisième mandat, même s’il promet de quitter le pouvoir en 2024. Il dispose de moyens juridiques de pouvoir prolonger son bail à la tête de l’Etat. Les réformes institutionnelles de 2016 ouvrent une brèche par rapport à la question. L’article 27 est composé de deux alinéas. Le premier alinéa parle de durée du mandat qui est de 5 ans. Le deuxième alinéa dit que nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Si on regarde cet article, ces deux alinéas sont indivisibles, la réduction de la durée du mandat ne concerne que le mandat actuel qui a commencé le 2 avril. Le Président Macky Sall n’a pas encore un mandat de cinq ans. Le mandat de 7 ans qu’il vient de terminer ne sera pas dans le décompte. Il pourra faire deux mandats de cinq ans.
Quel regard portez-vous sur votre parti, l’Apr ?
Je suis secrétaire administratif du Pool communication des cadres de l’Apr. Je souhaite que cette structure soit redynamisée de la même manière que l’Apr a besoin d’être structurée. C’est à l’Apr que chacun lève la main pour dire qu’il est responsable.

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