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Pape Massata Diack a encore occupé le cœur des débats ce lundi matin au Tribunal financier de Paris. Les rapports d’enquête de la commission rogatoire soupçonnent des sociétés fictives à l’œuvre de Diack-fils. Son nom est cité dans les dossiers de tous les contrats que l’Iaaf a paraphés avec les sociétés partenaires. En lisant le rapport de la commission internationale rogatoire, la juge du 32ème Cabinet du Parquet financier de Paris a cité plusieurs fois le nom de Diack-fils sur des dossiers de négociation de contrats. Le Tribunal lui reproche d’agir, sous plusieurs casquettes, au nom de l’Iaaf. Massata aurait négocié des commissions pour des sociétés qui seraient intervenues dans le sponsoring et la communication pendant les compétitions de la Fédération internationale d’athlétisme.
En dehors de sa casquette de consultant en marketing, Papa Massata Diack avait une double mission de conseil et d’assistance. Cela consistait à négocier des contrats d’apporteurs d’affaires auprès des sociétés partenaires comme Dansu, Samsung, la banque russe Vtb, Ams ou la chaîne de télévision chinoise Cctv.
Massata aurait aussi négocié des commissions, selon le rapport d’enquête, sur les droits de retransmission en Afrique sans reverser une partie à l’Iaaf. L’autre grief reproché au patron de Pamodzi, c’est d’avoir créé des sociétés fictives au nom d’autres personnes pour leur verser des commissions.
Concernant Papa Massata Diack resté à Dakar, il a fallu se contenter de ses réponses à un juge sénégalais en novembre 2019, dans les médias ou devant la commission d’éthique de l’Iaaf dont il a dirigé la branche marketing.
Si Lamine Diack comparaît aussi pour abus de confiance, il est soupçonné d’avoir permis à son fils, poursuivi pour recel, de s’approprier plusieurs millions d’euros dans les négociations avec les sponsors, la banque russe Vtb, le coréen Samsung ou la chaîne chinoise Cctv. Soit en imposant ses sociétés comme intermédiaires, soit en s’attribuant des commissions «exorbitantes», autour de 20%, alors qu’il était déjà payé 900 dollars, puis 1 200 par jour de travail comme consultant marketing à l’Iaaf.

Les juges d’instruction déplorent «l’absence totale de coopération» du Sénégal
A l’audience, en son absence, les mots de Papa Massata Diack sont tirés d’une interview à L’Equipe, de 2016 : il s’y targue d’avoir apporté à l’Iaaf la somme de 678 millions de dollars sur une enveloppe globale de 925 millions de droits marketing.
Les commissions sont tout aussi vertigineuses. A la barre, Lamine Diack se montre surpris d’apprendre que Vtb avait payé 29 millions d’euros pour être sponsor de l’Iaaf de 2007 à 2011, mais que sa fédération n’en a touché que 19. Les 10 millions restants ont atterri sur le compte d’une société de celui qu’on surnomme «PMD». Le père assure même qu’il ignorait que les droits marketing de l’Iaaf étaient cédés au géant japonais de la publicité Dentsu, chargé à son tour de les commercialiser auprès des marques. Ce qui permettait aux sociétés du fils d’intervenir comme intermédiaires.
Resté à Dakar, «PMD» a bénéficié du fait que le Sénégal, comme beaucoup de pays, n’extrade pas ses nationaux. Mais l’homme est suffisamment bien introduit pour s’être vu octroyer un passeport diplomatique en 2014, ont relevé les juges d’instruction qui ont déploré «l’absence totale de coopération» du Sénégal.

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