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La Fondation Mo Ibrahim tire la sonnette d’alarme. Dans un rapport intitulé «Un point de bascule pour l’Afrique», publié  en amont du forum qui se tiendra le 8 avril prochain au Maroc, l’Ong attire l’attention des gouvernants sur le dividende démographique qui, selon elle, peut se révéler en facteur de déstabilisation pour le continent.

Le continent africain est aujourd’hui confronté à un risque réel de recul, malgré d’incontestables progrès. C’est une alerte lancée par le rapport «Un point de bascule pour l’Afrique», publié en amont du Forum 2017 de la Fondation Mo Ibrahim. Ce rapport servira d’ailleurs de matière à réflexion pour ce forum qui se tiendra le 8 avril prochain au Maroc. D’après cette étude, l’avenir du continent dépend avant tout de sa capacité à apporter une réponse adéquate aux attentes d’une jeunesse devenue fortement majoritaire.
«Aujourd’hui, près de 60 % de la population du continent ont moins de 25 ans. En 2050, l’Afrique comptera 452 millions de jeunes de moins de 25 ans, soit plus de 60% du total de la population européenne en 2015», révèle le rapport qui ajoute que leur «dynamisme», leur «ambition» et leur «potentiel» constituent une richesse extraordinaire pour les pays du continent. Toutefois, ce «dividende démographique» peut se transformer en facteur de déstabilisation. Si le cycle des matières premières a alimenté la croissance du Pib dans de nombreux pays africains, constate cette étude, il n’a pratiquement pas créé d’emplois nouveaux. «Au cours des dix dernières années, alors que le Pib réel de l’Afrique a enregistré une hausse annuelle moyenne de 4,5 %, le taux de chômage des jeunes n’a pas quitté un niveau élevé», écrit le rapport. A titre d’exemple, l’étude cite le cas de la deuxième économie africaine, l’Afrique du Sud qui, selon l’enquête, est incapable de proposer un emploi à plus de la moitié de sa jeunesse. Or, révèle le rapport en même temps, la jeunesse africaine a bénéficié en moyenne d’un niveau d’éducation plus large et plus élevé que la génération précédente. Cependant, «elle a rarement été dotée des compétences dont l’économie a besoin. L’Egypte et la Tunisie, dont la population figure parmi les plus instruites du continent avec un taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur de plus de 30 %, enregistrent également l’un des plus hauts taux de chômage des jeunes sur le continent, supérieur à 30 %», note le document.

En 2050, l’Afrique comptera452 millions de jeunes de moins
de 25 ans
Le rapport fait état de jeunes africains privés de toute perspective économique et dépourvus du moindre poids sur les décisions concernant l’avenir de leur propre continent. Certes, les élections «libres et transparentes» se sont multipliées au cours de la dernière décennie mais, écrit le rapport, le taux de participation décline et le scepticisme vis-à-vis des représentants élus augmente, en particulier chez les jeunes. A cela s’ajoute le «désenchantement» à l’égard du modèle démocratique et le «manque d’opportunités économiques». Tout cela se conjugue pour créer un «mélange toxique» qui ne peut que conforter l’attrait de la migration et de l’extrémisme violent.
«Le terrorisme est devenu une organisation criminelle rodée, pesant quelques milliards de dollars, et exerçant un contrôle croissant sur divers trafics -drogue, êtres humains, ressources naturelles-…. L’emploi, le statut, le revenu et le sentiment «d’appartenance» que le terrorisme en apparence offre aux jeunes qui se sentent exclus du système général sont sans doute aussi attrayants que l’idéologie elle-même», lit-on dans le rapport.
Ce rapport est publié en amont du Forum Ibrahim 2017, qui se tient dans le cadre du  Week-end annuel de la Fondation Mo Ibrahim sur la gouvernance, va permettre de nourrir la discussion autour de plusieurs thèmes.
ndienglequotidien.sn

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