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Irène Mingasson : «Nous avons commencé le dialogue avec les acteurs»

L’ambassadrice de l’Union européenne au Sénégal,  Irène Mingasson, a profité hier de l’installation de la Plateforme des acteurs non-étatiques de la pêche et de l’aquaculture au Sénégal pour apporter des éclaircissements par rapport aux accords de partenariat entre le Sénégal et l’Ue dans le secteur de la pêche, et qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive ces derniers temps. Elle a fait un véritable plaidoyer pour rassurer les acteurs de la pêche.

L’ambassadrice de l’Union européenne au Sénégal,  Irène Mingasson, a présidé hier au Centre Abbé Boilat de Mbour l’installation et le démarrage de la Plateforme nationale des acteurs non-étatiques du secteur de la pêche et de l’aquaculture au Sénégal. A cette occasion, Mme Mingasson est largement revenue sur les accords de pêche entre le Sénégal et l’Union européenne. «C’est  un moment important pour nous d’établir ce dialogue, en présence des autorités, sur les questions que les acteurs de la pêche se posent par rapport aux accords de pêche. Et on se rend compte qu’il y a certaines dimensions qui doivent être clarifiées pour rassurer sur la philosophie, l’économie générale et les dispositions de ces accords. Nous comprenons davantage les difficultés que les acteurs rencontrent. Et pour un partenaire comme l’Union européenne, il est très important d’être à l’écoute et au contact de ces préoccupations», rassure Mme Min­gasson. Et sur les dispositions précises de ces accords qui concernent un certain nombre d’espèces, l’ambassadrice a aussi donné des éclaircissements. Irène Mingasson indi­que que c’est des quotas de thon et de merlu noir qui sont alloués à la flotte européenne. «On ne parle pas de petits pélagiques. Ces accords ont un objectif de bonne gouvernance, de bien cerner, cibler, cadrer quelles espèces, quelles quantités vont pouvoir être pêchées par qui, à quel moment», dit-elle.
Pour rappel, le dernier accord de pêche 2019-2024 que l’Ue a signé avec le Sénégal a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Certains acteurs ont fustigé ce protocole.
Mais, tempère la diplomate, «ces accords s’inscrivent dans une dynamique de renforcement de la bonne gouvernance pour que la pêche soit durable. Ils ont essentiellement un objectif de protection de la ressource et on se rend bien compte qu’au cœur des acteurs, cette dimension n’est pas bien maîtrisée. Nous avons commencé un dialogue ouvert, à établir un rapport de confiance qui, du côté de l’Union européenne, était très souhaité».
Le président de la Plateforme des acteurs non-étatiques de la pêche en Afrique de l’Ouest ne dit pas le contraire. Mais Gaoussou Guèye estime que le Sénégal gagnerait à développer la pêche thonière artisanale, ne serait-ce que pour en tirer des revenus. «Sur ce problème d’accords de pêche avec l’Union européenne, ils ont bien dit que ça ne concerne que le thon et le merlu. Aujourd’hui, même si le thon n’est pas consommé au Sénégal et c’est défini par des quotas, le Sénégal doit faire de telle sorte qu’une pêcherie thonière artisanale soit développée, afin de profiter à notre pays, à notre pêche artisanale. Et c’est possible, parce que dans certains pays, cette pêche thonière s’est développée. Prenons l’exemple du Ghana qui le fait de manière artisanale et je suis convaincu que nos pêcheurs ont la perspicacité, le professionnalisme pour pêcher ce thon, quelle que soit sa profondeur en mer», dit-il.
Au Sénégal, la Plateforme nationale des acteurs non-étatiques du secteur de la pêche et de l’aquaculture est désormais fonctionnelle. L’objectif, renseigne Irène Mingasson, «c’est la mise en réseaux, la structuration d’un dialogue, plateforme d’échanges  entre les acteurs pour que leurs voix portent plus haut et plus loin. Nous pensons que c’est important dans le cadre du renforcement des acteurs de la pêche au Sénégal».

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