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A l’instar des autres régions du Sénégal, la Cité du Rail n’est pas épargnée par la boulimie et la pression foncières, selon le Cadre citoyen contre la spoliation foncière à Thiès, qui regroupe des partis de l’opposition. A la faveur d’un point de presse, le leader du mouvement «Ensemble», Ibrahima Hamidou Dème, et ses camarades dénoncent «la pression foncière» exercée sur «les domaines national et public qui a gravement porté atteinte à nos terres et forêts».

«C’est un scandale !» C’est par ces mots que le Cadre citoyen contre la spoliation foncière à Thiès, qui regroupe les partis de l’opposition, a qualifié la gestion du foncier communal. Un phénomène qui risque d’assombrir la vie des populations de Thiès ajoutées aux «lourdes menaces» qui pèsent sur l’environnement et l’écosystème, du fait du bradage de leurs terres. Et la goutte de trop sera «le morcellement de la bande de terre partant de l’entrée de la commune de Thiès, longeant le quartier grand standing et allant jusqu’à la gare routière sur la nationale 2». Un espace qui, selon le cadre, devrait recevoir un projet appelé «Bois de ville». Lequel projet dort depuis 2004 dans les tiroirs de la mairie de Thiès. «C’est le cas le plus urgent et dans lequel on veut mettre les populations de la ville de Thiès devant le fait accompli. L’espace a été morcelé et vendu. Si cet aménagement, qui devait constituer un bois de ville à la suite des travaux de Thiès réalisés pour la fête d’indépendance de 2004 est transformé en maisons et commerces, c’est tout le visage de Thiès qui va changer et le plus important espace vert qu’on va encore nous priver.» Or, dit le leader du mouvement Ensemble, «la réforme constitutionnelle de 2016 avait consacré la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens, notamment le droit à un environnement sain sur nos patrimoines fonciers». En plus de cette réforme, ajoute-t-il, «le schéma directeur d’aménagement territorial de 2015 recommandait que les communes doivent contribuer à la création d’espaces verts par l’aménagement d’un jardin public communal dans chaque commune». Mieux, «pour la qualité du cadre de vie, le schéma recommande que les opérations de lotissement et projets d’habitat respectent le ratio de 10 m2 d’espaces verts par habitant préconisé par l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour les villes d’Afrique sub-saharienne». Mais malheureusement, regrette l’ex juge, «toutes les actions des communes de la ville, faites avec l’aval des services déconcentrés et de l’Administration territoriale, sont aux antipodes de ces recommandations». La preuve, renseigne-t-il, «depuis 2000, une pression foncière sur les domaines national et public a gravement porté atteinte à nos terres et forêts. La ville de Thiès et ses trois communes sont actuellement au cœur d’un bradage et d’une spoliation foncière sans précédent. Des domaines publics constitués par des espaces verts, des réserves forestières, des espaces non aedificandi, sont morcelés. Et cela, sans tenir compte de l’impact sur l’environnement et l’écosystème, notamment les inondations qui sont devenues préoccupantes dans la ville». Pour couronner le tout, enchaîne le leader politique, «de pauvres citoyens sont dépouillés de leurs parcelles sous prétexte de non mise en valeur par une procédure de désaffection manifestement illégale et dépourvue de toute utilité publique. Toutes ces parcelles sont purement et simplement vendues par les communes ou attribuées à des personnalités avec la complicité de l’Admi­nistration locale qui n’exerce pas, conformément à ses missions, son contrôle de légalité». Ibrahima Hamidou Dème regrette ces pratiques : «Malgré les promesses faites en 2012, de rétablir la bonne gouvernance foncière, cette situation a empiré.» Pour rétablir les citoyens thiessois dans leurs droits, le collectif, composé des or­ga­ni­sations politiques et citoyennes notamment, And Sopi Thiès, Ensemble, Fds, Pastef, Pur, République des valeurs, quelques membres du parti Rewmi, Ta­xawu Senegaal, Y’en a marre et certains collectifs, exige «la publication du procès-verbal de désaffection et de réaffectation des parcelles dans toute la ville de Thiès». Aussi annonce-t-il qu’il va saisir «la Cour suprême en référé pour faire cesser les violations graves des droits fondamentaux des Thiessois». A ce titre, il appelle «tous les habitants de Thiès à la mobilisation pour la préservation de leur patrimoine actuel et celui des futures générations et l’amélioration de leur cadre de vie». A en croire l’ex juge Dème, «c’est une question de justice sociale et de justice tout court».

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