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Au lendemain de la sortie du collectif «Takhawou Cayar» pour contester l’installation d’une usine de fabrique de farine et d’huile de poisson sur leurs terres, les autorités municipales sur place ont fait face à la presse, ce jeudi, dans un souci de recadrage. Elles accusent cette dernière entité d’être constituée d’«un groupuscule de leaders politiques locaux de l’opposition animés d’une volonté de vouloir saboter le projet».

A la suite de la sortie du collectif «Takhawou Cayar» pour s’insurger contre l’installation d’une usine de fabrique de farine et d’huile de poisson, la mairie de Cayar, par la voix du premier adjoint au maire, a jugé nécessaire d’apporter quelques précisions sur ce qu’elle appelle «l’agitation d’une infime minorité de la population». A en croire Alioune Ndoye, «ce collectif ne représente pas les intérêts des populations. Ce sont des politiciens tapis dans l’ombre. Un groupe de jeunes de 10 à 12 personnes qui, depuis l’installation de l’usine, se manifestent parce qu’ils sont contre la politique du gouvernement. Ce sont des opposants et ils sont obligés de râler», dit-il. Et d’expliquer : «Au niveau de Cayar, ce qui s’est passé avec l’usine de fabrique de farine et d’huile de poisson est simple. C’est un promoteur qui est venu avec des Espagnols pour implanter cette usine. Ils ont choisi Cayar compte tenu du poids important de débarquement que nous avons ici. Ensuite, ils ont demandé un terrain qu’ils ont obtenu. Après, ils sont passés par toutes les procédures normales avant de convier un cabinet pour faire une étude d’impact environnemental.» Laquelle étude, poursuit l’élu, «a été adoptée par une validation technique régionale au niveau de Thiès le 12 février 2018. Il s’en est suivi une audience publique qui a été organisée au niveau du Service départemental de pêche pour une validation publique. Et le projet a été adopté par une très grande majorité des populations de Cayar». Ce jour-là, se rappelle Alioune Ndoye, «il n’y avait que trois personnes qui ont levé la main pour dire qu’elles sont contre le projet, mais tout le reste, composé d’acteurs de la pêche, l’avait adopté parce qu’il savait que c’était pour l’intérêt des Cayarois». Selon lui, «les contestataires ne disent pas la réalité. Ils veulent tout simplement bloquer le projet parce qu’ils ne veulent pas que le maire capitalise le premier résultat qu’il y a dans la Responsabilité sociétale d’entreprise de ce projet qui consiste à construire un centre de santé à Cayar. Et ce, dès qu’ils ont vu le début des travaux de construction de cette infrastructure sanitaire d’un montant de 200 millions de F Cfa qui va relever le plateau technique de Cayar. Laquelle infrastructure est composée de 4 cabines climatisées et équipées, de salles de bain incorporées, avec une capacité d’une vingtaine de lits. Et c’est lorsqu’ils ont vu une telle réalisation qu’ils se sont levés dans l’intention de nuire. Mais le projet a commencé depuis longtemps», renseigne-t-il. Aussi, ce partenariat entre l’exploitant, la société Barna S.a et la mairie de Cayar aura «d’autres impacts sur les populations», selon le premier adjoint au maire. Il s’agit, renseigne-t-il, «de régler le problème de la plus-value à Cayar». Il évoque «l’abondance des quantités de poisson qui pourrissent au niveau de la plage» et se réjouit du fait que «cette entreprise va régler ce problème avec l’achat de ce stock de poisson. Sans compter l’achat du poisson frais». Mieux, nous apprend Mr Ndoye, «le projet va générer 300 emplois directs et indirects au niveau de Cayar». Pour lui, «le projet sera très bénéfique pour les populations et il va booster le développement économique de Cayar». Il se veut catégorique : «Nous allons le défendre avec bec et ongles. Ça, il faut que les gens le sachent.» Il fera noter qu’«il y a cet arrêté (il brandi un document) du ministre de l’Environnement portant certificat de conformité environnementale du projet. C’est le ministre de l’Environnement lui-même qui a signé cet arrêté. Donc, nous pensons que nous sommes dans la légalité». Par rapport aux inquiétudes des populations relatives à l’installation de l’usine dans une zone habitable, l’adjoint au maire de rétorquer : «Barna S.a a installé cette même usine de fabrique de poisson en Espagne, à Bilbao. Laquelle n’a aucun effet néfaste sur la santé des populations qui sont au niveau de sa zone d’implantation.  Et c’est dû au fait que l’exploitant produit de la farine et de l’huile de poisson avec une technologie de dernière génération. Donc, l’impact dont ces gens-là font état n’existe pas.» Il poursuit que «beaucoup de mareyeurs qui habitent Cayar savent qu’il y a cette même usine à Joal. Et jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas encore entendu ou vu une personne tuée par les soi-disant effets néfastes qui proviendraient de cette usine. Et ce sont ces mêmes mareyeurs de Cayar qui vont vendre leur poisson là-bas».

nfniang@lequotidien.sn

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