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Le Cameroun a remporté dimanche face à la Guinée la Can U17, organisée cette année en Tanzanie. Mais plus que son bilan sportif, ce sont les fraudes sur l’âge qui auront nourri les commentaires sur cette édition 2019.

La Can U17 2019 s’est terminée dimanche à Dar es Salam sur une victoire du Cameroun. Vainqueurs de la Guinée à l’issue de la séance des tirs au but (0-0, 3-5 tab), les Lionceaux de Thomas Libiih offrent à leur pays son deuxième titre après celui remporté en 2003.
Mais, précisément, il y a fort à parier que cette édition 2019 de la Can U17 ne restera pas dans les mémoires pour son bilan sportif, marqué par l’indécision avec une finale ainsi que deux demies vierges de but. Et pour cause : de son premier à son dernier jour, l’épreuve a été totalement éclipsée par les polémiques relatives aux fraudes sur l’âge.
Dès la journée inaugurale, tombaient les résultats des examens Irm. Le fameux “test du poignet” généralisé par la Caf pour débusquer les tricheurs était fatal à six joueurs : trois Camerounais, deux Tanzaniens et un Guinéen se trouvaient recalés et n’allaient pouvoir jouer le tournoi avec leurs équipes respectives. Aucune sanction supplémentaire n’est alors prise contre les pays concernés.

Le Maroc et le Sénégal vent debout
Fin des polémiques ? Pas du tout. Les défaites subies lors de la 2ème journée par le Maroc (1-2 contre le Cameroun) et par le Sénégal (1-2 contre la Guinée) vont mettre ces deux pays vent debout. Des réserves sont alors déposées contre leurs adversaires respectifs : le Maroc accuse l’attaquant camerounais Aliom Moubarak Saidou d’être bien plus âgé qu’un U17, tandis que le Sénégal pointe du doigt les Guinéens Ahmed Tidiane Keïta et Aboubacar Conté. Le Cameroun et la Guinée répondent à leurs adversaires, communiqués à l’appui. Et si les réserves sont rejetées par la Caf, qui fait confiance aux tests Irm, l’atmosphère d’une compétition déjà plombée d’entrée par les flagrants délits de fraude est pourrie. D’autant plus que le Sénégal ne lâche pas le morceau : quelques jours après le rejet de sa requête, la Fédération sénégalaise reçoit de son homologue japonaise des documents de voyage tendant à démontrer que les deux joueurs guinéens suspectés ont changé d’identité entre le tournoi «Dream Club» organisé par le Japon en juin 2017 et la Can U17 en cours en Tanzanie, perdant un an dans l’intervalle.

Des prolongations devant les tribunaux ?
Aux dernières nouvelles, le Sénégal envisage de saisir le Tas dans ce dossier, qui ne peut laisser la Caf sans réaction. Le règlement de la compétition ne stipule-t-il pas dans son article 32 que «si la Caf apprend, quelle que soit la source, qu’une fraude et/ou falsification de documents par quelque moyen et/ou support que ce soit, a été commise par une ou plusieurs équipes, une enquête sera ouverte ?». Cette Can U17 pourrait donc se terminer devant les tribunaux, comme elle avait commencé.

Au Gabon, prison ferme pour les fautifs
En effet, lors du tournoi de qualification de la Zone Ufoa B, le Bénin avait en effet été disqualifié, 10 des 18 Ecureuils cadets ayant été recalés aux tests Irm. Après le placement des joueurs et de leur staff sous mandat de dépôt, le Tribunal de Cotonou avait infligé des peines de prison ferme, visant notamment l’ancien président de la Fédération, Anjorin Moucharafou, et les joueurs fautifs.
De mieux en mieux dotée par la Caf (le vainqueur de cette édition 2019 a empoché 50 000 dollars), cette compétition voit donc sa crédibilité sportive sérieusement mise à mal.
Avec afrique.tv5monde.com

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